Une reprise de Usher, du GoldLink Crew cuisinée façon baile funk, de la vaporwave bien franchouillarde, un remix de Cautious Clay ou encore un hommage à du bon vieux boom bap, ce n’est pas un dysfonctionnement de votre ordinateur, c’est juste une semaine classique de la future beats musique.  

  • Sángo –O Crewzinho 

C’est peut-être le terme “précurseur” qui caractérise le mieux la musique de Sángo. Chaque nouveau morceau est accompagné d’une déferlante de partage, tant l’objet non identifié donne du fil à retordre à ses auditeurs et ce nouvel édit du GoldLink Crew enfonce définitivement le clou dans toute discussion. Retravailler la voix mélomane de Brent Faiyaz et ses compères sur les percussions endiablées du Brésil, sans tomber dans le flou artistique, il fallait oser. Parfois doux, parfois survolté “O Crewzinho” est une véritable démonstration technique où les opposés s’attirent façon ying et yang, qui nous emportent vers des contrées encore non exploitées, à l’ambiance vaporeuse et saccadée. Tel un funambule, Sángo fait le pont entre deux univers apparemment éloignés, mais pourtant bien complices le temps du track. Voodoo des temps modernes, artiste d’un nouveau genre, peu importe l’adjectif qualificatif, l’indéfinissable producteur de Seattle est plus que jamais le nouveau corner de la bail funk et du futur Beats, un melting pot d’influences et de combinaisons de dingue qui n’a qu’un seul but faire tomber les frontières entre les deux genres. Alors en attendant que ce jour arrive, le pionnier creuse…

  • Oshi – Lost

Oshi est un caméléon des temps modernes, qui en plus d’être l’un des co-fondateurs de l’emblématique label Film noir, à peine 16 ans, et également capable de signer des morceaux d’une fulgurance phénoménale. “Lost, est un élastique doté d’une structure ambiante montée sur un ressort de clochettes, qui va et vient n’ayant d’égal que le bagout et l’aisance du padawan qui exécute d’une main de maître tous les secrets d’un swing électro funky, prêt à peloter le dancefloor. Le jeune producteur de Londres se fait plaisir et aligne les associations d’idées dans une invitation à joyeux jump around plein de bonne vibration, jouant du contre-pied et à tue-tête pour écrire son mythe au panthéon des étoiles.

  • Duncan Gerow – Good Kisser

Reprendre un acapela de Usher en 2017, c’est sûrement un peu cramé ? Mais il suffit juste d’ajouter la créativité d’un Duncan Grow et un fond de musique jazz pour retrouver le groove du passé et redonner vie à la vieille gloire Rnb des années 90. “Good Kisser” est un tableau multicolore semblable à un jus vitaminé, dosé au gramme près, s’imposant comme un morceau de choix avec sa bonne humeur contagieuse et sa maîtrise du renouveau. Sans prétention, le producteur de Portland pose un morceau d’une musicalité folle qui vous fera aborder l’écoute d’un sourire irrésistible et sans doute d’un fond de vieux souvenir.

  • Kronika – Feel It Sundays – 01

Difficile de passer une semaine sans que Soulection ou l’un de ses membres ne fasse parler de lui. Et cette fois, c’est au tour de Kronika de briller en distillant de la bonne vibe au kilomètre, avec la B.O. parfaite des matins ensoleillés, des classiques Rnb en veux-tu en voilà ! Appuyé par une science du tracklist bien ficelé, avec un mix aux allures feel good de haute qualité, la touche féminine du labe fait bouger les têtes et infuse une part de sunshine, nostalgique et chaleureuse dans les tympans.

  • Luminate – Rude

Plus intrigant que jamais Luminate sort de son silence avec un objet musical non indéfinissable soit non définissable soit indéfinissable, qui vous demandera plusieurs écoutes pour en tirer toute la teneur et la complexité. “Rude” est un paradoxe à lui tout seul, balayant toute sorte de référence, tout en naviguant sans cesse entre deux styles, le producteur de Chicago brouille les lignes en plantant une ambiance sobre n’aspirant qu’à un éclectisme sévèrement sophistiqué, et qui force le respect. L’anomalie atypique est difficile à décrypter, répondant à une nouvelle gravité déroutante par moments avec un genre de muet à toute épreuve, conçue pour briller un soir de pleine lune. Dégourdie sans être engourdie, voilà une direction singulière qui séduira seulement les plus diggers d’entre nous.

  • Cygn – Anxiety 

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs morceaux. Simple et efficace, l’insaisissable Cygn sort de sa manche la carte du joker tout terrain en redonnant ses lettres de noblesse aux grandes heures du classicisme boom bap. “Anxiety” est un aller sans retour vers le début des années 90 avec du bon hiphop old school comme on les aime. Solo de saxo cosy sur un débit phrasé et une petite boucle magique qui reste gravée dans nos neurones, il n’en faudra pas plus au frenchie pour faire un track d’un flegme impérial, tournant inlassablement dans nos air play personnels.

  • Soudiere – All Screwed Up 

Le digne héritier de la ponk française inonde sans cesse le net avec toute la panoplie d’une vaporwave envoûtante, transformant n’importe quels auditeurs en zombie décérébré, toujours en manque d’une dose pour satisfaire son ouïe. En pleine marche impériale l’empereur continue sa politique d’expansion de territoire en saccadant avec brio et classe une nouvelle addictive, répondant au nom de “All screwed up” ; une gentille ballade échappée du monde fou de Tex Avery. En somme, rien de nouveau, juste un track de plus dans la mare, mais l’efficacité du Yougperelli se fait toujours bonne comme la weed fraîche, si bien qu’on ne boudera pas notre envie d’y jeter une oreille. L’infatigable enfant terrible empile les couches de samples et les coups de pinceau d’un univers à l’envers ayant pour hymne un turn up organisé. Désormais, il n’est plus possible de passer à côté du prince illégitime et de sa ride incroyable sur la scène actuelle.

  • Cautious Clay – Cold War (Nick AM Remix)

Nick Am gravite autour d’une comète qui traverse l’an de grâce Soundcloud à grands coups d’uppercuts sensuels, entremêlés d’un groove délicieux offrant un bouquet enivrant à la voix céleste de Cautious Clay. Doux tempo tout rebondi, texture d’électro aérienne façon Kaytranada, cette nouvelle version de “Cold War” possède tous les ingrédients d’un titre voluptueux et tamisé, et qui suspend quelques notes dans l’air. Doucement mais sûrement, voilà un remix qui fait preuve d’un épicurisme sans failles, appelant à la contemplation et la loung attitude, un brin cloud Rnb mais assez secouant pour faire danser les corps et garantir la surprise.

  • Benbadaboom x Evil Needle – Wavey

En voilà deux qui se sont bien trouvés. D’un côté notre fervent représentant national, Evil Needle, alias la tête chercheuse des sonorités de demain et de l’autre Benbadaboom, l’outsider allemand, auteur de petits bijoux qu’on ne se lassera jamais de réécouter. La fusion des deux énergies laisse place à une pépite comme on les aime : le gimmick d’un hit finement travaillé en un joyeux bordel maîtrisé. “Wavey” fait l’effet d’un coucou bien remonté avec son rythme tout sautillant digne d’une montagne russe, qui cassera facilement quelques nuques au passage. Hyper accrocheur et excitant, les deux compères frappent droit au but, dans la lucarne de référence.

  • Sophie meiers, Dreamchild & Madbliss – Wesley

Prenez trois talents bien distincts et mettez-les en studio, agitez puis laissez reposer le temps que la magie opère. Le combo ressemble à une promenade côtière dans une mélodie flottante à trente à l’heure. À partir de là, tout n’est que bonus, l’ambiance minimaliste, la voix si particulière de Sophie Meieres qui habite littéralement l’instru, les arrangements soulful de Madbliss et Dreamchild, nous poussent à tendre l’oreille avec une production malicieuse et délicieuse jouant le rôle d’une courte escape. Il n’y a plus qu’à se laisser porter au gré du va-et-vient des notes jusqu’au rivage.