Un album attendu depuis plusieurs mois, Headspace a bercé tout le mois de mars d’apaisantes mélodies.

Synonyme de force tranquille, quiétude et plénitude, ce nouvel opus sorti le 1er mars 2018 sert de thérapie pour l’artiste indépendante.

Dans son précédent album, Why Wait, une Gavlyn frustrée rappait au sujet des freins, des barrières, des confrontations avec labels et producteurs et d’autres déceptions de l’industrie musicale.

La succession des singles No Backpacks, Play The Villain en est la manifeste illustration. Ceci ajouté aux courts sketchs qui ponctuent l’album, et mettent en scène une conversation téléphonique entre Gav’ et un producteur, lequel propose des opportunités sans trop considérer le travail de l’artiste, paradoxalement.

« Yes the possibilites are lookin’ ’round the corner now, I’m so motivated […]

I’ve been searching high and low, desperation what I’ve found

When they calling I’m not home, leave a voicemail at the tone. […]

All I know is that I’m ’bout to show out like I’ve got no fear » » – Calling.

Calling est son second single et permet la transition entre ces deux albums, tout en faisant un clin d’œil à ces échanges téléphoniques dans Why Wait. On ressent encore le goût amer qu’elle crache dans ses paroles. S’exprimer librement sans crainte de se sentir bridée, tel est le souhait de toute artiste indépendante.

Après une prise de recul, c’est une Audrey sage, calme et reconnaissante qui nous revient.

Au fil des ambiances jazz, des samples sucrés (We On), et d’enivrants phrasés chantés par de douces voix cristallines (Needs), les rimes sincères de l’emcee glissent sur une instrumentation soignée, signée Dj Hoppa.

« I’m bout to hit the road with a heavy soul

I’m trying to discipline my mental battles on a daily though

AInt nothing impossible when you make time for it

And I’m thankful for the fans, the love, the listeners

And I’m thankful even for the ones that don’t believe in us

[…] Let’s make it happen on some positive vibes » – Thankful

Thankful célèbre l’amour du public et des fidèles auditeurs qui récompensent tous ses efforts.

Le crew de Los Angeles qui l’entoure (REVERIE, Dj Lala, Enkrypt, Vel The Wonder,…) et sa fan-base sont sa vraie force. Avec Headspace, la fille qui se dit « Old Soul in a modern world » connecte ainsi avec le monde qui l’entoure, et se confie sur les états d’âme qui impactent sa musique et sa vie ; c’est un rap à cœur ouvert.

Son titre introspectif, Looking Back, s’apprécie comme un cypher ou une soirée open mic, digne des événements Teambackpack ou Cypher Effect, où les 3 rappeuses ont échangé le micro et partagé la scène. On y entend même la référence de Vel The Wonder « All Be So Simple » de Mike B. pendant son couplet.

Ce titre est une vibe, et compile les meilleurs souvenirs de cette vie que Gavlyn a choisie.

Souvent partagée entre ses désirs et ses réels besoins (What You Want) Gavlyn demeure imperturbable dans son aventure d’artiste indépendante.

Comme tous, elle est à la recherche du bonheur.

« I deserve happiness like a child do » – Needs