Constat : un phénomène de rareté.

On les compte sur le bout des doigts !

Au milieu de la masse des rappeurs, leurs apparitions suscitent encore la surprise dans le public.

Les rappeuses sont rares dans les programmations de concert, elles sont rares dans les émissions hip hop, et moins exposées, elles sont rares dans les playlists du public.

En effet, en France seulement 5% des rappeurs ayant produit un album de manière professionnelle sont des femmes. De plus, dans l’histoire, on ne relève que deux artistes ayant atteint le disque d’or, à savoir Diam’s et Keny Arkanna (cf Conférence Paris Hip Hop).

Elles sont si rares, dès qu’une femme s’élève, on a tendance  à la prendre en référence pour la communauté féministe, et la considérer comme la nouvelle voix des femmes.

Ce phénomène de rareté, plus qu’une tare, présente une belle opportunité de présenter un style différent, et d’apporter de la valeur ajoutée et rafraîchir la culture Hip Hop, souvent taxée de misogynie, bien qu’à la base elle soit pour la célébration de la féminité.

L’un des plus récents exemples est le dernier album de Common, Black America Again, paru le 9 novembre 2016, en même temps que l’album d’Alicia Keys, HERE, elle aussi concernée par la condition des jeunes femmes.

La couverture de l’album de Common en reflète bien l’idée. Qu’elle soit fille, mère, épouse, indépendante, pour le rappeur, le rôle de la Femme a toujours été critique dans la société et pour le Hip Hop (H.E.R.).

 

Une meilleure opportunité pour les rappeuses

Depuis les années 1990, on voit l’émergence de rappeuses qui renversent les codes, répondent au machisme ambiant avec une attitude virile, et répondent à un discours hyper sexualisé, sinon prônent un discours émancipateur de la femme forte.

En outre, de Rapsody, à Noname, Little Simz, à Diam’s et Keny Arkanna,  on dénombre les artistes qui préfèrent miser davantage sur leur côté authentique, et la pertinence de leurs paroles.

Conscientes du milieu masculin dans lequel elles s’élèvent, elles saisissent l’opportunité pour briller, et se différencier autrement que par leur sexe.

Le féminisme est la réaction au machisme du milieu. Mais une rappeuse peut aussi passer outre et s’imposer par sa simple personnalité et son style novateur.

C’est ainsi que les nouvelles arrivantes permettront de changer la donne dans le Hip Hop que l’on connaît.

 

Le Féminisme n’est pas un fatalisme

Au-delà de la condition même de la femme, le Hip Hop consiste en un message de Paix, et de Positivité, repositionnant  l’Homme au cœur de sa société. En cela, on peut dire que le Hip Hop défend des valeurs Humanistes.

 

Pour exemple, Chilla, fierté Lyonnaise, et nouvel espoir du rap français, ne se revendique non plus seulement de son féminisme mais d’un rap humaniste, avec ses titres Si J’Etais Un Homme, Sale Chienne extraits de son premier EP Karma, sorti le 10 novembre 2017, et #BalanceTonPorc.

#BalanceTonPorc

À l'occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, voici mon coup de gueule de trop, à défaut d'en parler, on essaie d'agir en musique. #quipeutprétendrefairedurapsansprendrepositionMerci infiniment à l'association FIT une femme un toit qui a accepté de nous ouvrir les portes de leur foyer pour tourner cette vidéo, merci à toutes ces femmes extraordinaires que j'ai pu rencontrer à cette occasion! Réal: Kub & Cristo#balancetonporc

Publié par Chilla sur samedi 25 novembre 2017

 

Afin d’illustrer le propos et conclure sur une bonne note voici quelques autres exemples éloquents.

 

Exemples de rappeuses qui ont imposé leur style :

 

Exemples de rappeuses plus près de chez nous :

 

Anna Kova
(Paris )
Découverte dans une la chaîne de freestyle 75e Session

 

Alias’ Sarah
(Lyon)

 

Tracy de Sa
(Lyon)

 

Chilla
(Lyon – Paris)