Dans le cadre de l’Urban Art Jungle Festival qui aura lieu dans quelques jours à Lyon, Ninkimag a décidé aujourd’hui de rencontrer Quetzilla. Street artist à l’univers particulier, cette rencontre nous a permis d’en connaitre un peu plus sur cette forme d’art. Entre son expérience marquée par son voyage en Amérique du Sud, son opinion concernant l’évolution de ce mouvement artistique, en passant par ses influences, Quetzilla a partagé en toute honnêteté son parcours.

 

1. Hello, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Quetzilla, peintre et illustrateur issu du street art, actuellement en résidence à la Taverne Gutenberg.

2. Quel est ton parcours, et comment es-tu venu à la création ?

Depuis longtemps j’ai toujours aimé gribouiller sur mes cahiers. En 2006, après une première expérience à l’étranger au Mexique, je suis tombé amoureux de la culture mexicaine et particulièrement des origines avec les civilisations précolombiennes (je dois d’ailleurs mon nom au Quetzal, un oiseau emblématique en Amérique Latine). Assez naturellement, dès 2011, au commencement de mes études en école d’arts appliquées à Lyon, j’ai découvert d’autres techniques plastiques. A la fin de mes études en design graphique, j’ai commencé à peindre dans la rue puis je me suis consacré au collage. Petit à petit, mon style se concrétise, les formes deviennent plus fluides, les compositions transmettent un équilibre et la volonté d’apporter du mouvement dans mes travaux devient incontournable.

 

Le street art est démocratisé aujourd’hui, il perd aussi beaucoup son sens car il est utilisé dans des contextes parfois très opposés à l’état d’esprit d’origine qu’il dégage

 

3. Un artiste en particulier qui t’a donné envie de te mettre au graff ?

En fait, c’est grâce à mon pote graffeur Krap/Crap que j’ai commencé à peindre dans la rue. C’est lui qui m’a initié.

4. Ta vision du street art à l’heure actuelle ?

Le street art est démocratisé aujourd’hui, il perd aussi beaucoup son sens car il est utilisé dans des contextes parfois très opposés à l’état d’esprit d’origine qu’il dégage. Selon moi, l’art urbain doit rester une pratique libre et spontanée.

5. En 2013 l’une des œuvres de Banksy avait été détaché d’un mur et « volé » en Angleterre…Qu’est-ce que tu en penses ?

C’est une pratique qui avait déjà commencé dans les années 80 avec les peintures de J.M. Basquiat et Keith Haring. Mais le fait que l’art urbain soit devenu tendance aujourd’hui contribue de plus en plus à ses pratiques scandaleuses d’appropriation d’oeuvres destinées au milieu urbain. La question de la propriété des oeuvres dans le street art est très paradoxale… le fait de poser une oeuvre dans la rue demeure une pratique illégale, tout comme son vol. Pour moi, les oeuvres urbaines appartiennent à la rue et à ses habitants. Elles ne peuvent prétendre à une valeur marchande.

 

6. Trouves-tu que le Street Art a changé ?

Le street art évolue et comme je le disais, il est largement accepté. Il y a plus de tolérance qu’avant c’est certain et c’est surtout le regard du spectateur qui a évolué. Même si la pratique reste illégale, il y a un public derrière nous, on est moins stigmatisé. Les gens s’arrêtent, observent une performance, échangent avec l’artiste. C’est une richesse !

7. Des sources d’inspiration particulières ?

La musique fait partie de ma plus grande source d’inspiration, entre autres le hip-hop et ses influences. Les mythes et civilisations du monde y contribuent aussi depuis mes débuts. Enfin, mes incontournables sont les peintres Jean Dubuffet, Robert Combas et les oeuvres graphiques de M.C. Escher.

8. Ton support et ta technique préférée ?

J’aime beaucoup travailler sur bois pour les textures qu’il offre. Mais j’aime expérimenter de nouveaux supports. Je travaille essentiellement au pochoir à la spray et à l’acrylique, c’est surtout pratique pour les temps de séchage. Après, j’aime pouvoir apporter une autre dimension à mes créations. Dernièrement, on a réalisé une performance Live en Paint-Mapping à la Taverne Gutenberg avec Jacques-André Dupont. Le fait de voir son oeuvre prendre vie par la projection lumineuse et les mouvements est assez fou.

 

Croyez plus en vos rêves qu’à votre entourage

 

9. Comment procèdes-tu pour la création d’une œuvre ?

Tout dépend le support que j’utilise. Le travail est très différent si je travaille sur un mur ou sur une toile. Généralement, je commence par tracer les contours et ensuite je créé mes pochoirs au scotch directement sur la toile avant de procéder à la couleur. J’y ajoute ensuite souvent des motifs ou du collage. Même s’il y a une trame similaire processus artistique, il y a toujours des variations puisqu’il y a toujours des choses à améliorer, des techniques à découvrir. Pour les plus curieux, je fais un atelier pochoir le dimanche 25 février dans le cadre de l’Urban Art Jungle #4.

10. Qu’est-ce que tu prévois pour la suite ?

Pour l’instant je réside à la Taverne Gutenberg pour les prochains mois. Je participe à l’Urban Art Jungle organisé par Superposition les 23/24/25 février prochain. Je reviens de Londres avec plein d’envies, cette ville m’a beaucoup stimulée. Mais ayant suivi les émulations artistiques Lyonnaise de là-bas, j’ai eu envie de revenir pour apporter mon expérience et développer mes créations. On a de belles choses qui se développent ici, beaucoup de surprises à venir !

11. Quelque chose à rajouter ?

Croyez plus en vos rêves qu’à votre entourage !

Peace