Crédit photo : Pauline Beck
Crédit photo : Pauline Beck

« Il n’y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue. »

J’aime bien commencer mes articles par des citations. Ça fait très pompeux. Puis ça ajoute du crédit à mes propos. Ça maintien le suspens, c’est explicite tout en ne disant rien à la fois. Il y suffisamment peu d’éléments pour piquer la curiosité et pousser le lectorat à continuer sa lecture. Puis il y a la phase 2. Si la phase 1 servait d’accroche pour éveiller l’intérêt, la phase 2 permet de fidéliser le lecteur. Dans cette ère ultra-numérique où des articles fleurissent à longueur de journée à l’instar des mixtapes de pseudos rappeurs Soundcloud, il est difficile de se démarquer. D’où l’importance de cette étape, si celle-ci est bien travaillée, tu liras jusqu’à la fin, sinon Tschüss ! (Les LV2 Allemand qui ne savent dire que ce mot après 7 ans de cours c’est nous). Une phase compliquée en soi, il faut trouver les bons mots, les bons termes, les bonnes expressions, les petits jeux de mots. etc. etc.

Ce matin en me réveillant, je savais que dans l’après-midi je rencontrerais les fondateurs du projet Basse Couture. Et comme toutes personnes normalement constituées j’avais déjà réfléchi à comment je m’habillerais. Situation périlleuse, il faut que je m’explique. En recherchant quelques informations sur Basse Couture, je me suis rendu compte que, Oh mon dieu ! ces gars avaient vraiment un style de dingue. Donc imaginez ma pression. Habillée en vazy-j’ai-la-flemme-jm’en-fous-elles-sont-où-mes-ballerines? et parlant de mode et de vêtements. Rien que d’imaginer cette rencontre moribonde autant pour moi que pour eux, j’en suis fort amusée. Bref j’y réfléchis longuement. Puis après avoir trouvé le Graal, je me décide à partir. C’est sur un banc de la place Bellecour que nous nous sommes donné rendez-vous. Un lieu atypique pour une interview mais sensiblement révélateur de la personnalité des fondateurs. Cette après-midi-là je rencontre Brad et Zach. On parle d’eux, de leur projet, de leurs inspirations, de leur vision des choses et du monde qui les entoure. Une rencontre simple et décomplexée où les notions de mode et de style retrouvent leurs belles et singulières définitions.

La phase 3 c’est le contenu, l’objet même pour lequel a pris naissance l’article. Si l’on devait analyser grammaticalement cette introduction, la phase 3 serait le sujet. Sans celle-ci tous ces mots ne seraient que des artifices, des chimères, des riens au sein de l’espace atmosphérique temporel, des particules 2.0 sans intérêts. Cette dernière étape est d’ailleurs aiguillée par le titre, avant même d’avoir pris connaissance de la phase 1 et 2 tu sais déjà à quoi t’attendre. Ce qui fait d’elle une étape beaucoup plus simple mais au combien, si ce n’est plus, intéressante.

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  • Pouvez-vous nous dire qui se cache derrière la marque ?

Brad : On a commencé à développer le projet avec Zach, Mathis et nos photographes qui sont : Pauline Beck et Max Chad. Puis la vie nous a permit de rencontrer Arouna qui avait également l’envie de développer un projet similaire ! Nous avons naturellement décidé de s’associer et de former Basse Couture ensemble.

  • Vous vous êtes rencontré comment ?

Brad : Zach Mathis et moi, nous nous sommes rencontrés sur les bancs d’école. On s’est influencé naturellement à travers le temps.

Zach : Tandis qu’avec Arouna, nous nous sommes rencontrés durant les compétitions de basket et nous avons naturellement fondé une grande amitié.

  • Comment est née le projet Basse Couture ?

Brad : Je pense que le projet est né inconsciemment dans nos têtes depuis longtemps. Nos passions pour l’art, la culture, la mode, la musique, la couture et justement le design allaient forcément nous pousser tôt ou tard à faire un projet. Il fallait juste qu’il y ait un élément déclencheur. Pauline Beck et Max Chad ont été justement cet élément, grâce au premier shooting qu’ils ont assurés nous nous sommes demandé de ce que nous allions faire des photos. Voilà d’où est né le projet !

Zack : Ensembles nous nous sommes demandés comment nous allions l’appeler, et j’avoue que “basse couture” était parfait, c’est le nom qui nous correspondait au mieux.

  • Et justement le nom de votre marque ne laisse pas indifférent. C’est presque un oxymore. Était-ce le but premier de votre choix de nom : bousculer les codes et aller contre certains préjugés ?

Zach : Exactement. En soi, si tu vois une maison qui s’appelle Basse Couture qui va monter vers la Haute Couture ça joue sur le contraste et c’est provocateur. Notre but c’est de choquer les gens, leur dire qu’on est là ! Quand tu dis Basse Couture ça te reste dans la tête forcément et c’est notre objectif. On veut vraiment montrer aux gens qu’on n’est pas obligé de porter des vêtements dit de la « haute couture » et être super stylé en portant de la soit-disant « Basse Couture ».

 

« Il y a des gens de Paris qui nous disent que notre projet c’est lourd. Clairement ça nous motive. Sans les réseaux sociaux on n’aurait pas tous ces retours positifs. »

 

  • Concrètement pouvez-vous nous expliquer ce qu’est Basse Couture ?

Zach : Dans le projet Basse Couture y’a trois projet enfaîte. Il y a un projet de création de vetêments, ce qui est un peu notre projet depuis le début. On essaie de faire nos créations, des vestes, etc. On se donne toujours un temps pour réunir nos idées concernant les prochaines collections. On publie régulièrement sur notre Instagram, les gens aiment. Le deuxième projet c’est de réunifier la mode à Lyon. Mais ça ne se restreint pas uniquement à la mode, on veut aussi réunir la culture, la musique, etc. Pour te donner un exemple le 29 on a organisé une journée spéciale « Ouverture de Basse Couture ». Cette journée consistait à emmener les gens à se rencontrer, à se parler, à échanger, à prendre des photos. Les gens sont super timides, ils n’ont pas envie d’aller voir les grands crews qui sont trop fermés, trop entre eux. Nous, la différence c’est qu’on est ouvert.

Brad : Après tu vois y’a Basse Couture qui est la partie des habits et y’a le crew FPC. FPC c’est la partie photographie, Basse Couture c’est la création. En vérité, on a tous un trait de caractère qui nous définit et on essaye de le retranscrire à travers la mode, la photographie, la danse ou la musique. C’est nos manières de nous exprimer. Dans notre groupe, en dehors du projet,  Arouna danse, Zach fait de la production de musique et à mes yeux il est fort, à vous de juger il s’appelle “@trillndopest” sur soundcloud.

Zach : C’est un peu flatteur (rire), comme le disait Brad nous essayons de varier nos “capacités”, Brad fait de la musique aussi et c’est un jeune directeur artistique ses idées sont plus qu’indispensable pour le crew. Mathis est un jeune designer avec pas mal d’idées, Arouna est un bon créateur qui fait nos habits en fonction de son humeur et des musiques qu’il écoute, le rendu est très cool. Comme on dit “l’union fait la force”, Pauline Beck et Max Chad qui sont nos photographes sont en plus nos conseillés sur les éventuels shootings, thèmes ou encore projets. Voilà c’est ça basse couture.

  • Et vous êtes aussi les fondateurs de FPC ?

Brad : Oui, avec les photographes nous avons décidé de fonder FPC ensemble.

  • Pour ma part j’ai découvert la marque Basse Couture sur Instagram. Du coup je me demande si pour vous les réseaux sociaux ont une place centrale dans l’expression de votre art ?

Zach : Oui. Certes quand tu sors dehors les gens te voient, mais avec Instagram il y a plus d’impact. Le public est plus large. Plus tu es connue sur Instagram plus les gens te connaissent. Ils font du bouche-à-oreille. Ils sont là « Ouai t’as vue Basse Couture ». Ça fait qu’il y a des gens de Paris qui nous disent que notre projet c’est lourd. Clairement ça nous motive. Sans les réseaux sociaux on n’aurait pas tous ces retours positifs. Mais ça nous empêche pas de faire des trucs en real.

  • Comment définirez-vous le style de votre marque ?

Brad : L’influence est clairement streetwear, c’est notre base stylistique. Ensuite nos influences sont assez larges, on aime les belles coupes, le minimaliste, par moment et parfois on hésite pas à faire des pièces fortes. Ca dépend de nos humeurs, on ne se donne pas de limite.

  • Justement quelles sont vos sources d’inspiration, vos influences artistiques dans la création de vos modèles ?

Brad : Nous nous inspirons des musiques, de ce qui nous entoure, de l’environnement, et puis bien évidemment des styles des années 60’s à nos jours tout en les actualisant et en ajoutant notre touche personnelle.

 

« La première impression ça définit qui tu es. La manière dont tu es habillé traduit ta personnalité. »

 

  • Votre quotidien c’est votre source d’inspiration, tout ce que vous vivez vous inspire ?

Brad : Exactement , le monde dans lequel tu évolues influence forcément qui tu es et vas devenir.

Zach : Ouai voilà on s’inspire pas des gens. On s’inspire de ce qui nous entoure, de l’histoire, de la nature en général. N’importe quel objet de n’importe quelle couleur dans n’importe quel moment peut nous inspirer.

 

  • En vous voyant habillé, il est flagrant que vous assumez votre style vestimentaire. Elle vient d’où cette passion pour la mode ?

Zach et Brad : C’est dans le sang !

  • Déjà bébé vous customisiez vos salopettes (rire) ?

Brad : C’est clair ouais (rire). Depuis petit on aime bien s’habiller. Tu vois porter des habits ça fait plaisir, ça fait toujours du bien.

  • Ça fait du bien surtout par rapport à l’image que l’on renvoie, non ?

Zach : Maintenant l’image c’est super-important. La première impression ça définit qui tu es. La manière dont tu es habillé traduit ta personnalité. Et ça, ça a toujours été important pour nous.

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Crédit photo : Pauline Beck
  • En gros, à travers vos habits, vous montrez que vous êtes uniques ?

Zach et Brad : Exactement !

Zach : Nous essayons d’exprimer nos caractères créatifs.

Brad : C’est pour cela qu’on porte souvent nos propres créations.

 

  • Votre style très street, renvoie clairement à la culture hip-hop et notamment le rap. D’où l’objet de ma question, qu’est-ce que vous écoutez ?

Brad : Nous écoutons de tout, allant du Jazz et blues de Ray Charles, tout en goûtant au soul de Detroit, jusqu’aux ghettos, aux classiques du rap US, et en remontant vers la trap, rap français comme le rappeur Josman ou Caballero, nous écoutons de tout.

Zach : Oui notre culture musicale est très large, nous n’avons pas honte de s’inspirer de la variété française, ou encore du blues Japonais.

  • Vous en pensez quoi de la phrase de Coco Chanel : « Il n’y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue. » ?

Zach et Brad : Bah c’est vrai !

Zach : Tu va pas garder ta mode à la maison, (rire) c’est juste logique.

  • Vous prévoyez quoi pour la suite ?

Zach : Nous préparons beaucoup de choses, nous travaillons beaucoup ensemble pour améliorer nos compétences et nos connaissances dans le domaine de l’art. Nous sommes entrain de songer à proposer quelque chose d’unique qui peut peut-être changer la vision de la mode à Lyon. On ne manque pas d’ambition. En tout cas suivez nous de près sur les réseau Sociaux vous serez au courant de ce qu’on vous réserve (Rires)

  • Et bah justement, c’est : Basse Couture ! (rire)

Brad : Exactement !

Zach : On ose même si on n’a pas les moyens ! Après si ça marche pas, on aura la fierté de dire qu’on a essayé.

Brad : Même Basse Couture on ne savait pas que ça allait marcher. On n’y croyait pas (rire). On voulait le faire pour nous, puis on s’est dit pourquoi on ne sortirait pas ça. On l’a sorti, les gens commencent à aimer, tant mieux ! Les gens c’est notre force.

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Crédit photo : Pauline Beck
  • Un dernier mot ?

Brad : On remercie toutes les personnes qui soutiennent Basse Couture. Merci à Pauline Beck et Max chad qui sont nos photographes parce que sans eux franchement le projet n’existerait pas. Je me demande si ça serait la même chose ! Je pense qu’on ferait plutôt des photos avec des Samsung Edge 7, des iPhone 4s ou peut-être même des Wiko ? (rires)

Zach : Tu connais la qualité Wiko ! (rire)

Brad : Non mais plus sérieusement merci à toi aussi pour l’interview et à bientôt pour la suite ! Basse Couture, ça arrive !

 

Vous pouvez retrouver Basse Couture sur Instagram