Il était une fois Stencia, jeune photographe et danseuse se levant un beau matin, une idée en tête, révéler ce qu’il y a de beau. Révéler sa vision de l’esthétique contemporaine. Il était une fois Pendérè, un projet vivant, original, unique, redonnant au « beau » sa définition la plus pure et sincère. Il était une fois le monde, que l’on imagine bien triste sans l’action de ce type de personne souhaitant donner à voir autre chose que la norme standardisée et terne que l’on voit d’habitude dans les médias. Un projet artistique nous faisant sortir de notre sentiment de déjà-vu, de familiarité sans fracture et qui nous pousse à voir bien plus loin. Beaucoup plus loin. Voir l’inconnu. Il était une fois moi, toi, nous, tous et chacun sensibilisé. Pour ma part en prenant connaissance de cette réalisation l’envie d’en connaitre davantage s’est tout de suite manifesté, il est si rare de voir des messages positifs et sans faux-semblants circuler autour de nous que dès que l’un apparaît la curiosité est présente. Vraiment. Il était une fois Stencia. Il était une fois Pendérè. Il était une fois la beauté.

 

  1. Bonjour Stencia, peux-tu te présenter brièvement pour les personnes ne te connaissant pas encore ?

Yooo ! Je mʼappelle Stencia aka perebisou, jʼai 23 ans. Je suis danseuse et photographe.

 

  1. Depuis combien de temps fais-tu de la photographie ? Et qu’est-ce qui t’a poussé à devenir photographe ?

Jʼai commencé la photographie en 2011 : à lʼépoque jʼétais partie faire ma première année de fac à Nice. Ma mère mʼavait offert un appareil photo lʼannée précédente, pour mon anniversaire. Je lʼai longtemps lorgnée, ne sachant pas trop quoi en faire. Et puis un jour dʼennui, je lʼai attrapée et jʼai commencé à chercher à comprendre à quoi servaient tous ces boutons. Au départ, je faisais surtout dans la photo de baskets, et puis je me suis intéressée au portrait en 2015.

La photo a tout de suite été un point central dans ma vie : cʼétait un moyen par lequel je pouvais mʼexprimer, donc cʼétait cool.

 

  1. Qu’est-ce qui te plaît dans cet art ?

Ce qui me plaît le plus dans la photo, cʼest à la fois lʼinstantanéité et lʼarrêt du temps. On capture un moment, un regard, une fraction de seconde qui aurait pu passer inaperçue. Cʼest aussi une manière dʼapprécier le moment présent finalement. Je ressens surtout cela lorsque je fais du portrait. Ça me permet de me concentrer sur la personne que jʼai en face de moi, dʼentrer dans son cerveau et dans son intimité.

 

  1. Aujourd’hui avec l’évolution numérique et l’émergence des réseaux sociaux, de plus en plus de personnes font de la photographie et se présentent comme photographes, qu’est-ce qui te différencie ?

En effet, il y a de plus en plus de photographes sur la Toile. Disons que cʼest plus facile de se faire connaître aujourdʼhui, surtout grâce à Internet. Au final ce qui nous inspire en a inspiré dʼautres autrefois : cʼest un éternel recommencement. Néanmoins, la sensibilité et lʼinterprétation seront forcément différentes à chaque fois. Cʼest en ça que je peux me différencier : on a tous un ressenti différent, donc on ne traite pas dʼun sujet de la même façon.

 

Ce qui mʼinspire le plus, ce sont les gens.

 

  1. Est-ce que tes autres passions, je pense notamment à la danse, t’apporte une valeur ajoutée, un « truc en plus » dans ta manière de photographier ?

Grâce à la danse, jʼai un rapport au corps et au mouvement qui est différent et ça me permet dʼaiguiller la personne que jʼai en face de moi, particulièrement lorsquʼelle nʼest pas à lʼaise avec son corps.

 

  1. Quelles sont tes influences artistiques (ou autres) ? Où puisses-tu ton inspiration ?

Concernant mes influences, ça varie. Ce qui me parle le plus en danse par exemple, cʼest lʼorganique, les choses internes, rondes avec une piqûre de dynamisme. En photo, ça se retrouve aussi : jʼaime lʼintimité, et la proximité. Et surtout le minimalisme. Mais ce qui mʼinspire le plus, ce sont les gens. Le rapport humain, les marques dʼaffection directes et indirectes, lʼexpression du corps.

 

 

  1. Ninki t’as connu grâce aux photos que tu prends et partages sur Instagram, quelle est la place de ce réseau social dans ta vie en tant qu’artiste ? Et quelles sont pour toi les avantages de ce support ?

Je ne vais pas mentir : jʼaime BEAUCOUP Instagram. Cʼest un réseau social franchement cool, sur lequel on peut certes perdre beaucoup de temps, mais qui regorge de tellement de choses plus inspirantes les unes que les autres ! En ce qui me concerne, Instagram me permet dʼavoir un rayonnement international (comme tout le monde en fait), et cʼest ça qui est pas mal finalement. Tu peux vivre au fin fond de lʼIsère, poster du contenu sur Instagram et toucher une personne qui vit à Dakar, ou dans le Connecticut. Instagram permet de nous connecter les uns avec les autres.

 

  1. Peux-tu nous présenter le projet PENDERE ?

Pendérè (qui signifie beau/belle en sango), cʼest lʼespace que jʼai créé pour accueillir mon projet BEAUTIFUL PEOPLE : WHAT IS BEAUTY, sur lequel je travaille depuis deux ans maintenant. Jʼavais envie dʼun compte Instagram spécialement dédié à ce projet, so… yeah.

 

BEAUTIFUL PEOPLE et Pendérè sont une invitation à pousser les limites de la « beauté » telle quʼon peut la percevoir aujourdʼhui.

 

  1. Comment est né ce projet ?

Comme je lʼai dit plus haut, Pendérè cʼest la continuité de BEAUTIFUL PEOPLE : WHAT IS BEAUTY, un projet que jʼai créé il y a deux ans (dispo sur perebisou.format.com). Lʼorigine de ce projet, cʼest un questionnement sur lʼessence de la beauté : quʼest-ce que cʼest? Un objet? Un sentiment à lʼégard de quelquʼun? Un élément immatériel? Du coup, plutôt que de noyer le projet sur mon Instagram personnel (@perebisou), jʼai pensé que BEAUTIFUL PEOPLE méritait son propre espace. And this is how Pendérè was born.

 

  1. Que se passe-t-il lorsque tu photographies un modèle ? Comment les choisis-tu ? Donnes-tu des instructions dans la manière de poser ou à l’inverse tu laisses en autonomie la personne devant toi ?

Lorsque jʼavais commencé ce projet, je photographiais énormément de danseurs. Ils ont un rapport au corps assez particulier donc cʼétait assez limpide et intuitif. Et puis très récemment jʼai commencé à photographier des non-danseurs et cʼest différent mais tout aussi authentique. Cʼest à chaque fois, pour eux comme pour moi, la découverte dʼun visage et/ou dʼun corps. Pour Pendérè, jʼai choisi de ne pas choisir les modèles : cʼest un projet ouvert à tous. Et cʼest à moi de me connecter avec la personne photographiée. Il y a des instructions, mais je laisse vraiment la liberté au modèle de sʼexprimer : cʼest important pour moi que la personne se sente à lʼaise, et se reconnaisse ensuite sur la photo. I just want to see the real YOU darling, so let me see it!

 

  1. Sur l’Instagram du projet « @_pendere » la description est « il était une fois la beauté », quelle est cette histoire que tu veux raconter à travers ce projet ?

Avec Pendérè, jʼai envie de créer une encyclopédie des visages. Cʼest une manière pour moi de partager ma perception de la beauté. Et finalement, ce sont tous ces visages qui racontent à la fois leur propre histoire et lʼhistoire de la beauté de par leurs différences de formes, de couleurs et dʼexpressions.

 

 

  1. Ce projet cache-t-il une dimension contestataire ? Souhaites-tu dénoncer quelque chose ?

Aucune contestation, non. Il est question de partage : BEAUTIFUL PEOPLE et Pendérè sont une invitation à pousser les limites de la « beauté » telle quʼon peut la percevoir aujourdʼhui à travers les réseaux sociaux, les médias et la télévision. Comme dirait lʼautre, la beauté « se dit, sʼaffirme, se répète en chaque partie du corps mais ne se décrit pas »*. Avec Pendérè, jʼessaye de montrer ma perception de la beauté.

 

  1. Pourquoi des visages plutôt qu’une autre partie du corps ?

Why not? (rire) ! Un visage, cʼest ce qui – à mon sens – marque le plus, et ce qui mʼinspire le plus finalement. On se souvient toujours dʼun regard, ou de la façon dont on nous a souri ou embrassé. Un visage, ça ne sʼoublie pas.

 

  1. Ce projet est récent mais commence déjà à prendre de l’ampleur sur internet, justement quelle est la suite pour PENDERE ?

Dans lʼimmédiat, il y a des expositions qui arrivent : une première lors du Festival Karavel (come say hi!), et une seconde à Sofffa (i said COME SAY HI!). Jʼai lʼambition de vouloir faire grandir le mouvement BEAUTIFUL PEOPLE via Pendérè, et le faire voyager en Europe et dans le monde. La prochaine étape, de parvenir à bout de la campagne de crowdfunding que jʼai récemment lancé sur Kickstarter, pour mʼaider à réaliser ce projet.

 

*citation de Roland Barthes

Merci à toi Stencia !