C’est quand même l’occasion de rappeler qu’il y a dans l’hexagone plus d’une rappeuse pouvant salement amocher ton cousin en battle, lui qui a passé trop de temps sur ses visuels et pas assez sur son flow. Et dans ce cas, évidemment, on va pas non plus se contenter du 8 mars pour écouter ce genre de emcee.

Sans tomber dans une logique de discrimination positive ou partir dans une analyse vaine pour savoir si Diam’s aurait eu plus ou moins de succès si elle était un mec, le plus important reste peut-être de prendre le temps d’écouter le son des rappeuses qui sont bel et bien présentes. On pourra toujours s’étonner dans un second temps, que certaines ne soient pas plus mises en lumière ou écoutées par ce satané public, toujours aussi insaisissable. Dont acte.

Voici donc une liste non exhaustive de jeunes talents fémininins du rap français, qui pourraient bien se faire un nom en 2019.

Kendra Kitsuné

Depuis quelques années, on la voit envoyer des singles de manière épisodique. Il faut dire que le rap n’est pas son seul terrain d’expression. Ainsi, depuis quelques années déjà, Kendra s’illustre comme dj au sein du collectif d’artistes féminines Girls do it better. On a pu l’entendre également comme moitié du duo Bobby Colvin. Egalement mannequin, elle dégage une forte personnalité jusquà ses face tatoos, qu’elle évoquait récemment dans un mini-documentaire que Yard a consacré au sujet, et intitulé “Des visages”.

L’année 2019 pourrait nous aider à vérifier si son avenir sera “plus brillant que le crâne de Pascal Obispo“, comme elle le rappe sur le dernier son qu’elle a envoyé, “Yako”. Pour toute oreille un peu avertie, il est évident que la qualité est là, et on peut s’étonner que cette dernière vidéo n’ait pas trouvé davantage de relais dans les médias. Un peu moins d’articles sur les sports de combat et les grec-frites sous contrat, et peut-être on trouvera plus de place pour ce genre de rappeuse.

Leys

Une autre rappeuse qui devrait prochainement faire parler d’elle, c’est Leys. Originaire de Reims, elle s’est faite remarquer par quelques tracks explosifs, ou freestyles radio bouillants. Par exemple lors d’une invitation dans le Planète rap de Hayce Lemsi, ou encore dans le Couvre feu sur OKLM Radio (dans lequel elle “fucke Marine Le Pen”, ce qui est toujours un bon principe). Une énergie et un talent assez évidents pour que Kery James la programme en première partie de son Zénith. Elle vient d’ailleurs de sortir un nouveau titre dans lequel elle présente une autre facette musicale, plus douce que dans ses tracks précédents. Il se nomme “Sommet”. Tout un programme.

Fanny Polly

Une autre rappeuse dont on entend parler depuis peu, c’est une fille du sud, Fanny Polly. Lauréate du Buzz Booster d’Ile-de-France en décembre dernier, elle devrait voir son audience s’élargir en 2019. , elle a fait ses classes dans le break dance avant de s’essayer au microphone. On peut d’ailleurs voir dans Dunk qu’elle sait utiliser cette double compétence avec brio. Signée chez la Scred Connexion, on a déjà pu l’entendre se confronter à la qualité de Demi Portion, avec une écriture tellement ciselée qu’elle peut donner des frissons. D’après nos informations, elle devrait sortir un premier album cette année, on l’attend avec impatience.

Debbie Sparrow

Une autre femme du rap game qui mérite sûrement plus d’audience, c’est Debbie Sparrow. Vous l’avez sûrement vue donner la réplique à Jok’air dans “Indépendante, dans lequel elle incarnait une petite amie indépendante et courageuse. En fin  d’année dernière, elle a balancé une tape, en forme de plan de bataille: “Debbie Sparrow débarque”. Faits d’ambiances plutôt vaporeuses et d’autres plus sucrées, les dix titres sont plutôt bien ficelés. Si elle doit peut-être encore muscler un peu son flow, sa versatilité montre un beau potentiel. De quoi avoir envie de garder une oreille sur elle.

EPTA

Pour finir, on laissera une place à celles qu’on pourrait nommer “rookies parmi les rookies”, au sein de cette liste. EPTA, c’est Calypso et Almaz. Dans un style très léger qui bousculera peut-être certain(e)s, on se dit qu’il y a peut-être quelque chose d’intéressant à entendre pour la suite. Ne pouvant vous en dire beaucoup plus pour le moment, on vous conseille surtout d’écouter.