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Le Huss est un artiste complet avec de nombreuses cordes à son arc. Entre Birmingham et la France, il a assez de recul pour ne pas tomber dans ce problème que connaît le rap Français en ce moment : la “trap” à outrance. Au contraire, le rappeur reste fidèle à son univers, et compte bien se démarquer en proposant un rap mélodieux sur une vibe chill. À l’occasion de son dernier projet “City Lights”, Le Huss a répondu à nos questions.

 

Tu es basé à Birmingham. Est-ce que tu peux nous parler de ton parcours ?

J’ai commencé à faire de la musique en France, et je suis parti en Angleterre à l’âge de 17 ans au départ pour faire des vidéos pour des clubs. J’ai travaillé avec quelques artistes anglais, j’ai pu perfectionner un petit peu mon style. Maintenant je suis de retour en France pour quelque temps, mais après je compte retourner à Birmingham.

Quelles sont tes influences ?

Un peu de tout, mais je dirais que cela va de Ryan Leslie à Wiz Khalifa. J’écoute aussi beaucoup d’autres choses comme Snoop Dogg, toute la vibe un peu californienne, Tyga, etc…Ce n’est que des gros noms, mais j’écoute aussi beaucoup de trucs pas trop connus comme Gilbere Forte et Tory Lanez qui commence à péter maintenant.

Tu as commencé par la production, raconte nous tes premiers pas.

J’ai travaillé 6 mois sur le logiciel Samplitude avant d’avoir une ancienne version de FL studio. Au fur et à mesure, j’ai eu l’occasion de travailler sur Cubase, Reason, puis quand je suis passé sur Mac j’ai commencé à travailler avec Logic Pro. Au niveau du matos, j’avais juste un clavier maître, des enceintes, et quelques drums. La base quoi ! Plus tard un investisseur m’a fourni 10 000 € de matos pour que je puisse travailler dans de bonnes conditions, et là j’ai commencé à avoir un iMac, un Virus Polar TI, un synthétiseur, et d’autres choses un peu plus fun pour que je puisse m’éclater un petit peu.

Qu’est-ce qui t’a amené au rap ?

J’ai toujours été intéressé par le milieu hip-hop parce que j’ai grandi dans ce milieu. Je me suis beaucoup reconnue dans les visuels, dans l’ambiance et certaines choses. Suite à quelques rencontres, j’ai pu commencer à être dans le monde du rap sans vraiment être dans le game à l’époque. Voilà comment tout a commencé.

Tu viens de sortir “City Lights”, quel est l’esprit du projet ?

C’est l’aboutissement d’un travail sur une couleur musicale en plusieurs tracks. On retrouve vraiment un univers assez homogène sur tout le projet, contrairement à Finesse, Finesse 2, et Finesse 2Luxe, où c’était plus des morceaux faits sans réel professionnalisme et sans réels liens, contrairement à City Lights.

CityLights

City Light est disponible sur la plateforme HauteCulture : ici.

 

Sur tes premiers projets, tu faisais la production en majeure partie. Est-ce un choix volontaire de travailler avec différents beatmakers sur City Lights ?

Sur Finesse 1, j’ai tout produit moi-même et ensuite sur les projets suivants il y a eu de plus en plus de beatmakers additionnels. Sur City Lights,  j’ai été sur la même lancée que mon précédent projet produit à 80 % par Easy Drew. J’ai voulu faire quelque chose d’assez intéressant musicalement parlant. Sur le prochain par contre ce sera entièrement auto-produit, donc ça ne veut rien dire, c’était une période de partage on va dire.

 

Mister V t’a apporté un peu plus de visibilité sur son morceau “Party Night Relou 2”, c’est un ami ?

Exactement il m’a apporté beaucoup plus de visibilité, c’est devenu un ami à partir de l’expérience “Party Night Relou 2”. On s’était capté sur Facebook et suite à nos discussions diverses, on s’est rencontrés pour faire un morceau qui n’avait rien à voir avec “Party Night Relou 2”. C’est après ce premier projet que nous avons réellement taffé sur “Party Night Relou 2”, et depuis c’est devenu un véritable ami. Je ne le vois pas régulièrement, mais dès que l’occasion se présente on essaye de taffer quelques trucs.

Sans oublier Disiz en guest sur le clip. On peut s’attendre à une future collaboration ?

Disiz en guest sur le clip, comme vous pouvez l’imaginer c’est du Yvick! Est-ce qu’on peut s’attendre à une future collaboration ? Techniquement non puisque je n’ai pas vraiment eu de contact avec lui suite à cette expérience, mais c’est une chose que j’aimerais bien réaliser.

 

La confrérie, c’est quoi ? 

La confrérie c’est un label indépendant, et en même temps c’est une bande de potes qui fait du son et qui sont polyvalents à plusieurs niveaux. On essaye de fournir une large palette de services à une clientèle qui reste assez sélectionnée.

Ton avis sur la scène hip-hop anglaise ?

Je ne l’ai pas vraiment suivi de près parce que le grime et la Dubstep ne m’intéressent pas spécialement, mais au niveau rap je la trouve beaucoup plus développée qu’en France. Le seul défaut c’est qu’en Angleterre les artistes hip-hop sont tous des personnes qui étaient au même bahut, ou qui se connaissaient déjà donc le circuit reste assez fermé. Musicalement parlant ils sont bons et diversifiés dans ce qu’ils font, c’est pas mal.

Qu’est-ce qui tourne sur ton iPod en ce moment ?

Forcément City Lights , Cousin Stizz, PartyNextDoor mais que les premiers projets qu’il avait sorti, Fresh aka Short dawg, c’est un bon gars qui a sorti un projet récemment produit par Sledgren et Cardo, K Camp KISS2 qui est très très lourd, Kirko Bangz -Progression V, Lost Cause de Tory Lanez, Vinny Chase & Kid Art pour Trapper Keeper, Roscoe Dash, Wiz Khalifa – 28 Grams, Big Sean.

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C’est quoi la suite pour toi ?

En ce moment, on est en train de travailler sur un maximum de scène réalisable pour essayer de tâter un peu le terrain et défendre le projet. Un album artistique que je prépare entièrement auto-produit, il faut s’attendre à un projet qui est un peu en marge de ce qui se fait en France. Cela n’aura rien à voir avec les sonorités que l’on peut retrouver au sommet du hip-hop français. On retrouvera des mélodies beaucoup plus artistique qui sonne plus acoustique, plus mélodieux, mais qui reste toujours entrainant. Il y aura toujours un petit rythme trap entre guillemets pour ceux qui aiment vraiment ça.

Un dernier mot, ta définition du Chill ?

Weed, belle meuf, bel endroit, voyages, et s’éclater avec ses potes, voilà ce que j’appelle chiller.