A2H est un artiste singulier. Baladant son flow sur des vibes aussi variées que peut l’être le rap en 2018, il semble arpenter chaque jour de nouveaux terrains, au-delà de ce genre musical. C’est ce qu’ont démontré les deux premiers extraits de son album “L’amour”, qui devrait paraître avant la fin de l’année. Avant son concert au Ninkasi Kafé ce mercredi, nous avons souhaité en savoir plus sur le A2H à la scène. Et s’il peut arriver que A2H pète des bras, ce n’est pas au duty free, mais seulement emporté par la bonne cause de la communion avec son public.

 

NinkiMag : Ton album est terminé je crois, et tu pars sur une nouvelle tournée?

A2H : L’album est masterisé depuis cette semaine, tout est terminé.

Tu pars sur une tournée autour de cette sortie donc?

Exactement, le “faire l’amour” tour.

Ça va être pendant plusieurs mois, avant et après la sortie de l’album?

En vrai les premières dates, on peut l’appeler le “préliminaires” tour, puisque l’album est pas encore sorti. Mais on joue quand même des morceaux des autres projets.

A quoi doit s’attendre le public?

Le public il va avoir un tout nouveau show, dans le sens où je joue plus d’instruments dans ce nouveau show. Vu que dans l’album y a plus de morceaux chantés, il y a aussi plus de passages chantés, l’aspect musical il est davantage mis en avant. Il y a plus de DJ dans la formation. C’est vraiment mon musicien, Sacha, qui fait du Ableton live, puis il joue du clavier, il joue de la guitare, et il joue du drum-pad. Ça va être vraiment une formation en mode live. Et peut-être qu’il y aura parfois des invités. Après sur certaines dates, on se laisse la possibilité de le faire avec un DJ, mais même en mode platines, j’ai toujours ma guitare.

C’est quoi ton plus mauvais souvenir sur scène?

Ah, en fait mes plus mauvais souvenirs c’est en dehors de scène. C’est-à-dire des festivals où on a fait sept heures de route, et on arrive là-bas tempête, ça arrache la scène et on peut pas jouer. Et donc on fait sept heures de route retour. C’est arrivé à Bordeaux, et là on commence cette tournée par Bordeaux donc c’est cool, parce que le dernier album on l’a pas joué là-bas à cause de ça.

Ok, c’est plus des problèmes liés à l’organisation, mais t’as jamais eu tellement de problème sur scène?

Ah si, une fois, dans un de mes premiers concerts, sur la tournée “Art de vivre”, je me suis jeté dans la foule, et j’ai écrasé un type, parce qu’il s’est retrouvé à me porter tout seul. Et je lui ai pété le bras. Et après il m’avait envoyé une photo de lui avec le bras dans le plâtre, en me disant: “super concert, merci!”. En gros il a kiffé sa soirée quoi (rires) . Sinon j’ai pas réellement de mauvais souvenirs. Nous la scène, c’est un peu comme la maison, on y est comme chez nous. Il peut y avoir des foirages, mais on arrive toujours à retomber sur nos pattes, les gens sont assez cool, on joue très rarement dans des endroits où on est mal accueilli. Et puis nous on rechigne pas au charbon, on n’est pas du genre à péter les couilles sur le matos ou les choses comme ça.

Et est-ce que t’as un meilleur souvenir sur scène, ou quelques-uns?

Ouais, par exemple j’ai un super bon souvenir à Lille y a un an et demi, en première partie de Disiz au Flow, une grosse salle. C’était blindé, et c’est la première date où les gens chantaient à ma place, le morceau “Grenadine” par exemple. La première fois où les gens chantaient un morceau de A à Z, et du coup c’était assez impressionnant, parce que ça m’était jamais arrivé. Et là tu fais un karaoké géant.

Et ton premier concert à Lyon, tu t’en souviens?

Bien sûr, la Marquise mon gars, la Marquise remplie, pleine à craquer, les gens complètement défoncés dans la salle, des vigiles qui n’arrivent pas à faire en sorte que les gens ne bédavent pas, c’était incroyable. La Marquise c’est pas grand, c’est 200 places, c’était rempli, je jouais mon premier album “Bipolaire”, j’en ai un méga-souvenir. En fait ça m’a surpris à l’époque, parce que j’avais plus l’habitude de jouer en Bretagne, Paris, nord de la France et cetera, on n’avait pas forcément tellement de dates dans l’est. Et là du coup, on déboule à Lyon, on remplit une Marquise et c’est le feu, donc j’ai été agréablement surpris de l’énergie du public lyonnais.

Et le Ninkasi, t’y as déjà joué?

A peu près dans la même formule que là, c’est-à-dire en format gratuit dans le Ninkasi Kafé, pas au Ninkasi Kao. Et c’est cool, souvent les gens ils ont la patate, le son il est bon. En plus c’est la partie restauration, donc t’as vu, y a des gens qui sont pas là pour le concert et qui découvrent.

“C’est plus naturel par exemple pour moi d’aller sur scène, que de faire un bon thread de stories Instagram”

Avant de rentrer sur scène, est-ce que tu as le trac?

Non, pas vraiment, je suis pas quelqu’un trop sujet au trac. Déjà parce que ça fait depuis 2011 qu’on monte sur scène. Et du coup nous on fait partie des artistes qui se sont faits sur scène, comme Demi Portion par exemple. Nous, tout ce qui est réseaux sociaux, internet et tout, c’est arrivé en seconde partie. Nous on a vraiment débuté sur le terrain.

Tu dirais que la scène pour toi, c’est presque plus naturel que le studio?

Pas par rapport au studio, mais c’est plus naturel par exemple pour moi d’aller sur scène, que de faire un bon thread de stories instagram. Parce que c’est chaud d’être toujours un peu productif sur les réseaux sociaux, d’être rigolo ou d’être intéressant, moi je trouve ça plus dur que de monter sur scène. La scène, t’as toujours une petite pression c’est sûr, mais une bonne pression, j’appellerais pas ça du trac. J’appellerais ça de l’excitation plutôt.

Et est-ce que t’as des rituels avant un concert?

Oui, j’ai un rituel qui est de ne pas manger avant, je mange après moi. Et sinon j’aime bien me mettre au calme avec mes gars, on se fait un bon petit check, une espèce de petite prière rituelle et puis on y va. Nous on est assez spirituel dans l’équipe, une petite prière collective avec toute l’équipe, avec Ori qui est le régisseur et s’occupe du merchandising, avec Willy qui s’occupe de la vidéo. Peut-être José un artiste de mon label que je vais essayer de faire jouer sur quelques scènes. On a une bonne petite équipe, on est en famille, dans une bonne dynamique, bonne énergie.

Sur ton album à venir, est-ce qu’il y a des morceaux plus orientés vers la scène, ou que tu as hâte de jouer sur scène?

J’ai hâte de jouer les morceaux sur scène, mais après c’est pas forcément un album de turn up. C’est plus des chansons dans cet album-là, des morceaux à thème, pas forcément tous hyper pêchu.

En tout cas, les deux premiers extraits ils sont pas du tout “turn up”, c’est plus de la chanson

En fait, je trouve que les morceaux comme ça, en avoir dans son set, ça met encore plus en valeur les morceaux “turn up”. Moi les concerts où c’est “turn up” pendant une heure, je t’avoue que je suis plus dedans. Moi j’aime bien quand on me propose plusieurs choses, et du coup quand j’ai vu Kendrick, Jay-Z ou d’autres gars sur scène, il y a les morceaux “banger” et ceux un peu plus posés. C’est plus ce genre de chose que j’ai envie de proposer, différentes ambiances.

 

Quel est l’artiste qui t’a le plus impressionné sur scène?

A2H: Beyoncé au stade de France, c’était genre juste incroyable. Je pense pas avoir vu quelque chose de plus fat dans ma vie sur scène. Après, y a plein de gars que je regrette de pas avoir vu sur scène: Prince, Michael, Bob, voilà.

 

Nouvel album “L’Amour” prévue pour fin 2018.

A2H en concert au Ninkasi Gerland / Kafé – Lyon [Gratuit]

Mercredi 26 septembre 2018 de 20:30 à 23:30. 

Lien de l’event → https://www.facebook.com/events/1006842899470318/