Après le succès du groupe Sonder, que pouvait bien offrir de plus l’album solo de Brent Faiyaz ? Avec une influence nettement marquée par les années 90, le chanteur / producteur de Melrose Avenue fait office d’objet non identifié et enfonce le clou avec son style atypique un Rnb “autochantoner” à la voix traînante, racontant une esquisse de désamour aux envolées lancinantes et destructurées, décomplexé de tout format classique, vacillant sans cesse entre de la soul et de la folk, pour fleurter avec notre ouïe tel un petit murmure. L’algorithme du cosy a trouvé son ambassadeur.

Stratégiquement appelé “Sonder Son”, ce douze titres est un long déroulé de voix sensuelles et de rythmiques à fleur de peau. La pépite du crew Goldlinkperd un peu de sa prestance, quelque fois ronflant, difficile pour lui d’éviter la redondance ; à trop vouloir offrir la même formule, on tourne souvent en rond. Phrasé chantant sur des solos de guitare, enveloppés dans des ambiances cotonneuses ; le schéma est connu, même trop connu pour être encore répété. Certes les envolées lyriques impressionnent toujours autant et ses placements tombent bien là où il faut, les différents chœurs accompagnent bien le reste du morceau, mais rien de nouveau sous le soleil, peut-être qu’un simple Ep aurait fait l’affaire. On peut hypothétiquement se demander si cet album serait un faux solo de Brent Faiyaz, cachant la suite logique à l’Ep “Into” du groupe Sonder ? La question reste ouverte, mais la présence du producteur Dpat (l’un des piliers de Sonder) sur huit des douze tracks est une sérieuse piste.

On prend les mêmes et on recommence, c’est un peu la sensation que nous laissera les derniers accords. Même construction, même principe d’une musique intimiste et cocooning, la recette manque de saveur mais n’est pas déplaisante à écouter. Loin d’être l’album du siècle, cette ballade en solitaire souffre cruellement d’affirmation et de prise de risque.