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“Ça va mal aller pour l’humanité, vraiment très mal. Comme jamais. Mais ça ira quand même.”

C’est sans avoir la moindre prétention que je me permets ces quelques lignes. Alors oui, il y a quelques semaines nous assistions stupéfait à l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. Un coup de massue. Et le moins que l’on puisse dire c’est que les Spin Doctor d’Hilary et les conseillers politiques d’Obama n’avaient pas vu la moumoute orange arriver. Nous non plus d’ailleurs.

Mon fil d’actualité Facebook et Twitter pour preuve, mes cher(e)s ami(e)s étaient tous chamboulé(e)s. Il n’y a pas besoin d’écouter du PNL pour comprendre que le monde change, chico. Les avis également. Mais ce 8 novembre 2016, c’est comme si tous les espoirs en l’Homme, en la démocratie, en “l’amour pour son prochain“, en les fondements mêmes de l’humanité, avaient disparu dans la flambé de poudre d’OT Genasis.

Je vous voyais déjà vous imaginer dans la prolepse annonciatrice d’un remake de The Walking Dead au sein d’une ère de civilisation menacée. Vous étiez là à réviser vos punchlines et étiez déjà prêt à balancer à la sauce Rick Grimes des “They’re fucking with the wrong people”. Et je dois l’avouer que vous voir dans cet état m’a remplie de chagrin. Voilà même que dans cette mélancolique situation je me rappelais de cette prose signée Walter Benjamin parcourue un soir de novembre…

 

“Ça va mal aller pour l’humanité, vraiment très mal. Comme jamais. Mais ça ira quand même.”

On cherche d’abord à comprendre. En vain. Bien que l’on ait la réponse, on cherche quand même. On se ment. On ne voit pas la réalité. Ou du moins on ne l’accepte pas. Un sentiment étrange de confusion, d’incompréhension et d’impuissance. Il se crée alors un fossé entre ceux qui ont voté pour l’un et ceux qui ont voté pour l’autre. Ceux qui soutenaient l’une et ceux qui soutenaient l’autre. Poudlard et Serpentard s’affrontent. Deux visions du monde, du progrès, des solutions. Deux Amériques.

Donald Trump c’est l’uppercut en pleine face que l’on n’attendait pas. C’est la traduction d’une fracture sociale ancrée dans un monde, qui de toute évidence, malgré quelques théories utopistes, va mal.

Alors oui certes, ça fait bizarre. De ce dire qu’un homme sexiste et raciste (comme je l’écrivais déjà dans cet autre article) a été élu à la gouvernance de la première puissance mondiale. Un pays détenant l’arme nucléaire. Un pays possédant une vision et des principes ancrés dans toutes les mentalités. Un pays ayant réussi à exporter à travers le monde son modèle culturel. Un pays vecteur clé de la mondialisation. Un pays qui, 8 ans plus tôt emmenait le premier homme noir dans le bureau ovale.

Et puis là, 45e président, Donald Trump.

Puis de toute manière, quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse, quoi que l’on essaie de nous faire penser, les faits sont les faits. Il n’y a que le temps qui nous dira si ce choix était le bon. En attendant le moment venue où les conséquences pourront être dressées, il est bon de ne pas perde toute envie de foi en l’humanité. Il serait hasardeux de tout gâcher.

En attendant dans ce monde en perpétuel mouvement, il est bon de pouvoir se rattacher à des choses immuables, la musique par exemple. Et notamment la dernière pépite de Mura Masa.

 

Le jeune producteur britannique collabore avec A$AP Rocky sur le morceau phare de son EP Someday Somewehere (2015). Ça donne Love$ick et c’est tout simplement fabuleux. Des harmonies parfaites, un mélange somptueux entre musique électronique et hiphop. Le flow de Rocky conforte, la mélodie console, les instrumentales réveillent. Le ghetto dans un gant de velours. Une alchimie imparable qui vient reconsolider doucement, mais sûrement, nos espoirs.

Mais ça ira quand même.”