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Des mots imposés par des internautes et un morceau de rap où ceux-ci doivent ressortir. Au premier abord, la règle de “Give me 5 prod” paraît plutôt simple. Au premier abord seulement.

 

Le métier de rédactrice étant ce qu’il est, je me suis prêtée au jeu. J’entends déjà les rires, les moqueries et les jugements à la baisse, mais qu’importe je poursuis l’écriture de cet article. Ma sœur comme juge intransigeante, j’ai donc essayé de placer les mots “Paradoxalement”, “Beurette” et “Expecto Patronum” dans un freestyle. C’était bien partie « Mc Mélodie ma mixtape Dorémie, le 6 mars sur Itune », puis là le bug. Panne interne. Sèche, le néant. Je préfère m’avouer vaincu que d’entamer un massacre musical. Pourtant le 15 janvier dernier, c’est le groupe qu’on ne présente plus : La Jungle, qui s’est prêté à l’exercice. Et qui je l’avoue, non sans une pointe de jalousie, a réussi.

À l’écoute du morceau mes premières impressions sont unanimes. La Jungle ne balance pas une poignée, mais une rafale de punchlines. Durant ces quelque quatre minutes, la kalash’ est chargée, le groupe a fait le plein de munitions et lâche une bombe dans la sphère du rap français. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Monsieur Poutine ne peut que rougir face à tant d’entrain et de préparation.

La guerre est déclarée et vous ne pourriez pas dire que vous n’étiez pas prévenu.

 

 

L’apocalypse commence. L’atmosphère est tendue. Il faut quelques secondes pour entrer dans la tempête de ce morceau hors des normes et amnésique. Le temps qu’il faut c’est Mr. Mouche. Dès les premières images, il débute. Les mots sont saccadés et maîtrisés, à sa manière il prépare l’auditeur à pénétrer dans ce son. Que dis-je, dans ce champ de bataille. Car oui c’est au milieu des débris et des obus que le groupe nous emmène. Sans le savoir à ce moment nous sommes déjà pris dans le tourbillon. Un retour en arrière ? c’est impossible.

Vous étiez prévenue.

À travers les images de ce clip aux allures sombres et urbaines, chaque membre du groupe se succède et, comme des soldats méticuleusement prêts, exécutent sa tâche. Pers, Tedy Saru, Lours, Lexodus, Shapyro, tous relèvent le défi avec brio sur la prod de Salegosse. Tous dans leur style, mais encore une fois tous bon, la Jungle donne tout ce qu’elle a et l’harmonie de chaque membre est flagrante.

Tous frères d’armes, chacun apporte une touche en plus, une distinction belle et forte qui fait incontestablement de ce groupe un puits regorgeant de talents. Les mots imposés par les internautes sont enchaînée d’une manière tellement fluide qu’on en oublie presque les règles. Enfin c’est Orphé Double-H qui vient tirer la dernière balle du chargeur. Fidèle à lui-même son rap nonchalant et déterminé peaufine le son.

 

Il est vrai qu’avec ce morceau nos envies de pacifisme ont été mise à mal. Mais encore une fois La Jungle ne nous a pas déçû. Stylistiquement, esthétiquement, techniquement, tout est au point. Voir un tel groupe avancer dans l’union, être une telle source d’énergie et porter les valeurs du rap donne de l’espoir quant à l’avenir du rap français. Et rien que pour cela on ne peut être que dans leur camp !

 

En voyant la fin arriver, je me rends indéniablement compte que les termes Kalash, Rafale, Bombe, Guerre, Poutine sont présents dans cet article. Mes envies d’être célèbre en déficit, je pense que ce n’est pas une carrière de rappeuse mais une potentielle mise en écoute par les services secrets que je risque.

#LaPaix.