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Au premier abord Green Hypnotic semble être ce genre d’artiste mystérieux, complexe, au passé lourd et douteux. Une sorte de mashup entre Mylène Farmer, Yung Lean et René Angelil.

Mais au final en parlant avec ce jeune rappeur de Laval -à ne pas confondre avec son homologue français, on parle bien du Laval au Québec- on découvre un artiste ambitieux, vrai et même parfois touchant. Au fil des réponses on apprend à connaitre une personne franche, naturelle et honnête, qui comme tout rappeur, aspire à joindre les grandes ligues du hip-hop. Pendant ce court moment Green nous partage sa vision singulière, mais juste, du rap actuel. Membre du collectif COAST LIFE, Green Hypnotic s’est donc livré sans crainte sur son parcours, ses influences, son enfance à Montréal, et sur ses projets passés et futurs.

Bref on a discuté avec Green Hypnotic, et on te l’assure, ça vaut le détour.

 

  • Parle-nous un peu de toi, qui es-tu et que fais-tu ? 

Je suis Green Hypnotic, jeune artiste et ingénieur du son. Je représente le collectif COAST LIFE. Laval ou Rien!  

 

  • Raconte-nous ton enfance (tu es né à Laval ) ? 

Non, je suis né à Montréal. J’ai vécu dans le quartier de Saint-Michel jusqu’à la fin de mon primaire. Ma mère m’a forcé à faire un tas de trucs quand j’étais jeune comme le piano, la natation, le patin à roues alignées, le patin à glace, le taekwondo, etc. La musique est le domaine qui m’a le plus intéressé et me voici.

 

  • D’où vient ton nom de scène “Green Hypnotic” ? 

On m’a donné le nom ‘Green Kid’ au lycée, mais je trouvais que le mot ‘kid’ était moche, donc j’ai cherché dans un dictionnaire le mot qui sonnait le mieux avec ‘green’ sans que ça sonne trop ‘cheesy’.

 

  • En écoutant tes musiques il est flagrant que tu ne rappes exclusivement qu’en anglais. Tu parles pourtant bien le français ? Tu peux nous expliquer ce choix ?

J’ai toujours eu plus de facilité et de confort à écrire mes textes et rapper en anglais.

 

  • En tant que Canadien que penses-tu de la scène hip-hop locale ? 

Je ne suis pas trop ce qui se passe dans le pays mais la scène hip-hop à Montréal et Laval est remplie de talent. Les DJs et les beatmakers ont encore tout le ‘shine’ mais selon moi d’ici 4-5 ans les rappeurs prendront le dessus. Je crois sincèrement que les plus jeunes trouveront un moyen de changer les choses.

 

“Je suis probablement un des seuls à Montréal qui laisse vraiment son âme parler”

Crédit photo : Trilla Photography

 

  • Le rap, la musique, les concerts, les tournées… c’est le genre de choses que tu te voyais faire il y a quelques années ? 

Je voulais vivre l’expérience, mais je ne croyais pas que c’était possible. J’ai toujours bossé seul dans mon coin, on m’a souvent découragé quand j’étais plus jeune. Il faut dire que le game d’avant est différent de celui d’aujourd’hui, mais bon. ‘Hard work pays off‘ comme on dit.

 

  • Tu nous apprends que dans le passé tu as souvent été découragé par autrui. Et pourtant tu es encore là, qu’est-ce qui t’as poussé à continuer ton art ?

Je suis quelqu’un de passionné et le challenge m’alimente. J’ai pris toutes les critiques, qu’elles soient positives ou négatives à mon avantage. Je m’en suis servis comme motivation.

 

  • Tu te dis être influencé par les jeux vidéo et les animes japonais. C’est d’ailleurs le sud-coréen Sakiroo qui s’est chargé de la pochette de COASTAR. Concrètement qu’est-ce que cela t’apporte à toi et à ta musique ?

Depuis très jeune j’avais déjà l’idée d’inclure la culture japonaise dans mon art. Je ne savais tout simplement pas comment et quand le faire. Les “animes” m’aident à être créatif. J’analyse l’évolution des personnages, c’est souvent la seule chose qui m’intéresse et c’est ce qui me permet de me réinventer en tant qu’artiste. Les jeux vidéo m’aident à avoir un ‘beat selection’ hors pair. Je suis le 1er à inclure des sons de jeu vidéo dans le rap à Laval. Shoutout à Da-P et High Klassified.

 

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  • Pour toi l’émotion est la partie la plus importante de ta musique. A travers tes projets c’est donc l’aspect que tu mets le plus en avant ? 

Maintenant, oui.

Avant, je prenais ma musique comme outil pour impressionner les vétérans. J’avais du mal à m’exprimer. Tout ce que j’avais pour être bien dans ma peau était l’écriture. Je suis introverti, je fais rarement la fête, je suis rarement avec mes potes et c’est étrange à dire mais c’est ce qui m’aide à être 100% humble musicalement. Ici à Montréal, tout le monde est concentré sur la technique plus qu’autre chose, je suis probablement un des seuls qui laissent vraiment son âme parler.

 

“Je ne suis pas le genre d’artiste qui suis les standards”

 

  • Quelques mots sur l’avenir de ton collectif ALAIZ ?

ALAIZ est la famille jusqu’a la mort! Je les aime tous à part un.

Sérieusement, je ne me considère plus comme un membre actif ou plutôt officiel du collectif. C’est plus une affiliation familiale qu’autre chose. Je les shoutout dans tous mes projets, mais je suis beaucoup plus concentré sur C.O.A.S.T. Life (BB-BOY, C’nee Starlette en affiliation avec High Klassified & Da-P dabeatx) et les artistes avec qui je collabore souvent.

 

  • ALAIZ, COAST LIFE… au final tu fonctionnes beaucoup par collectif, cela t’apporte-t-il une force de ne pas être ‘seul’ dans le monde du rap ?

COAST Life, c’est la team avec laquelle j’ai commencé la musique. C’est la loyauté, la famille. ALAIZ, c’est comme un méga trampoline où tous les artistes qui faisaient partie du collectif ont bénéficié du fan base de l’un l’autre. C’est comme planté la semence un peu partout dans la ville et regarder la récolte pousser. C’est très avantageux pour te faire connaitre et ça aide beaucoup à se dépasser artistiquement.

 

  • Est-ce qu’une rencontre particulière a motivé ta carrière ? 

Les gens qui me motivent sont ma famille et mes potes avec qui je travaille musicalement. Je n’ai pas vraiment de mentor à part mes personnages d’animes japonais favoris. J’ai eu des commentaires indirects de A-Trak qui à aimer “The Mood” et le producteur de The Weeknd qui a bien aimé “Emotions (Intro)”. Sinon, je continue à faire mes trucs dans mon coin, et on verra pour la suite.

 

  • Tu as sortie récemment le projet #‎感情Emotions. Avec ce double EP tu as voulu faire quelque chose de totalement différent de ce qui se fait actuellement. Pour toi c’est la clé de la réussite ? la touche de distinction ?

J’ai eu le concept de mon EP Double, 2 jours après avoir sorti ‘COASTAR’. J’aime prendre un an entre chacun de mes projets pour que mes fans voient mon évolution en tant qu’artiste. On est dans une ère où tu dois sortir du matériel rapidement et tu dois sortir du lot en tout temps. Je ne suis pas le genre d’artiste qui suis les standards. Je fais ce que je veux, quand je veux. J’aime avoir tout le contrôle sur ma créativité. J’aime être libre musicalement. J’aime les trucs ‘timeless’. Je me base sur les géants de la musique, ils font ce qu’ils veulent d’une manière créative mais réussissent à créer une forme d’anticipation à chaque album.

 

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  • Aujourd’hui la frontière entre le rap et le chant tend à disparaître. Sur certains morceaux comme “The Mood”, tu nous montres les qualités de ta voix. Mais entre nous tu préfères rapper ou chanter ? 

En ce moment, je préfère le chant. J’ai toujours aimé chanter, mais j’avais peur qu’on se moque de moi. J’ai commencé à vraiment faire ce que je voulais à partir de ‘COASTAR’,  mais après avoir sorti ‎’感情Emotions’ je dirais que je me suis vraiment trouvé en tant qu’artiste. Pour la première fois de ma carrière je me suis surpris à m’amuser en enregistrant. Allez écouter tous les changements de flows et les changements de voix du Side B du Double EP. Ça m’a fait vivre une expérience tellement amusante que je compte en faire une suite. En ce moment, j’explore un tas de mélodies, des nouveaux flows, des nouveaux concepts, en gros je travaille ma voix chaque jour en essayant d’innover le plus possible.

 

 

  • Au final qu’est-ce que Green Hypnotic nous prépare de beau pour 2016 ?

En ce moment, j’ai beaucoup de vidéos qui arrivent, je commence à réfléchir à faire une tournée pour la promo de mon Double EP, quelques nouveaux projets en collaboration avec d’autres artistes de la scène. Un tas de surprises. Je fais aussi beaucoup de travail d’arrière scène avec des nouveaux artistes emergeants côté recording, mixing et mastering.

 

  • Pour terminer, peux-tu nous raconter une ou deux anecdotes surprenantes qui te sont arrivées sur scène ?

Je crois que la chose la plus surprenante que j’ai vécu sur scène était de performer avec des femmes en monokini ET body painting. C’etait une drôle d’expérience. C’était un peu plus difficile pour le public de se concentrer sur ma perfo…

 

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