Sneazzy n’est plus le même depuis l’échec de son premier album SUPER. Il a effectué une métamorphose remarquable, en témoignent ses deux EPs Dieu Bénisse Supersound I & II. Il est de retour avec DBSSIII avec l’ambition de marquer plus de points. Avant l’album ?

L’échec artistique et commercial de SUPER a été bénéfique pour Sneazzy. Là où beaucoup d’observateurs le pensaient fini (avant même d’avoir débuté), il a réussi à se réinventer musicalement dans un style qui lui ressemble plus. L’amorçage a débuté en octobre 2016 avec la sortie surprise d’un EP qui a tout de suite dépassé les attentes : Dieu Bénisse Supersound. En 8 titres aussi variés que bons, il réussit à effacer l’image qu’il avait au sein de 1995. A la place, il s’est transformé en rappeur plus dur s’inspirant autant du OVO Sound que de la Grime tout en conservant les codes français. En plus d’être accompagné par des MCs très chauds (Nekfeu, Alpha Wann, Infinit’ et S.Pri Noir), les productions de Hugz Heffner, Hologram Lo’ et L$30 conviennent à merveille au nouveau style de Sneazzy.

Quelques mois plus tard en mars 2017, il dévoile à nouveau par surprise la suite, DBSSII. Encore une fois c’est une claque, surtout qu’il réussit à ne pas faire l’erreur de proposer du réchauffé. Certes il capitalise sur le succès de DBSS mais les prods sont encore plus variées que sur le précédent. Avec encore une fois la même équipe auquel s’ajoute Stwo, Chardz, Narcos et Heizenberg. S.Pri Noir est présent pour l’un des tubes de l’été « Evite-là » ainsi que Laylow, Veerus et Hancock. Et afin d’être totalement dans l’inspiration Toronto, Derek Wise apparaît également.

A partir de ces observations, je m’étais fait une réflexion. Il est certain que Sneazzy est métamorphosé depuis DBSS. Ses ego-trips sont plus aiguisés, le son qu’il propose est celui du moment et surtout il a prouvé qu’il pouvait cracher du feu sans perdre la qualité. Le format EP a l’air d’être approprié pour lui. C’est la stratégie de pouvoir être toujours sur les ondes en publiant du contenu qualitatif tous les six mois mais aussi de montrer la progression artistique constante. Et justement on y arrive, 6 mois plus tard voici DBSSIII.

Cette fois-ci il a annoncé au préalable la sortie du projet avec un premier extrait « Sérieux » accompagné d’Hancock. Hugz Heffner est à la prod sur ce morceau en deux parties. Une fois n’est pas coutume, « Hugz est en feu sur celle-là » et les deux MCs distribuent les punchlines («Fils de pute, quand tu nous vois, tu changes de voix comme Yves Lecoq», « J’vais te faire chanter mais on n’est pas dans les Choristes »). De bon augure pour la suite surtout qu’Hugz produit l’intégralité du projet (dont 2 en co-production avec L$30 et Biggie Jo)

Enfin l’EP est disponible et à prime abord on remarque plus d’invités qu’à l’accoutumée (Alpha Wann, Caballero, Doum’s, Jok’Air, Lailow, S.Pri Noir, Infinit’, Still Fresh et Hancock). Le Sneaz’ serait-il en manque d’inspiration ou fait-il preuve d’altruisme ? Il récite les formules qui marchaient sur les deux précédents EP et peu de prises de risques sont à souligner. Peut-être sur « Jenny from da Blocka » avec Jok’Air et Laylow où la triple alliance marche énormément sur une production de Hugz Heffner. Sinon on a les mêmes ambiances d’inspiration OVO (« Sérieux », “30030 ») et dancehall («Je m’enfuis »). C’est toujours efficace mais le sentiment de redondance commence à se ressentir. Il laisse même un morceau entièrement pour Hancock sur « Dark Angel » où il est très chaud.

La formule de Sneazzy est désormais bien rodée. Avec ces trois EPs de qualité, il est très attendu pour la suite. Est-ce que ce sera une saison 4 et le risque d’entendre la même chose ou l’album Sneazzy the GOAT ? Tant qu’Alpha Wann sort son premier album avant, on se fout du reste.