Sorti de prison en 2016, Doe Boy a décidé de cultiver une éthique de travail qui le sortira de la rue. Au sein de l’équipe Freebandz, il démontre des qualités évidentes quand il s’agit de rap. Sur In Freebandz We Trust 2, l’artiste est aussi agréable que les productions sur lesquelles il rap, mais manque parfois d’originalité.

On l’oublie souvent mais Future est la figure de proue de son label Freebandz, qui comprend pour les plus connus, Young Scooter, Casino, Zoey Dollaz, DJ Esco ou encore Richie Souf. Bien que le super rappeur gère déjà une carrière surchargée, il n’oublie pas non plus les membres de son équipe, qu’il traite comme sa famille. Sur Kno The Meaning il se lamente d’ailleurs à propos de la peine de prison que fait alors Doe B pour vol à main armée. Ce fameux Doe B n’est pas le défunt rappeur borgne d’Alabama mais bien Doe Boy un jeune artiste que Future avait signé en 2012, peu après son deal avec Epic Records. Emprisonné en 2013, l’originaire de Cleveland ne ressortira de prison qu’en 2016. Une pause qui ne décourage pas l’artiste, au contraire, cette peine lui fait prendre du recul sur la vie qu’il mène. En regardant le mini-documentaire de Noisey sur Doe Boy, il est évident qu’il reste encore très proche de son quartier mais il prend conscience, au contact de l’éthique de travail de Future, que le rap est un vrai métier.

Deuxième effort de 2017, Doe Boy nous propose la mixtape In Freebandz We Trust 2. Scindé en deux partie, le projet met tout d’abord en avant des morceaux agressifs mis en valeur par des producteurs comme Cardo, Drumma Boy et Sonny Digital qui produit l’envoûtant Whole Pole. A la croisée entre Young Scooter pour son rap effortless et Whoo da Kid pour l’énergie et les ad-libs, Doe Boy ride chaque production avec décontraction. Son potentiel prend par ailleurs toute son ampleur sur des tracks comme Pints et Don’t You Lie où l’auto-tune vient faire glisser sa voix et lui permet de parfaire les mélodies qu’il emploie tout au long de la mixtape. Dans la seconde partie, le rappeur offre des morceaux plus mélancoliques qui viennent donner un peu plus de texture à la trap agressive du début. Sur Too Playa, il flex et rebondit avec excellence sur le beat planant saupoudré de saxophone de Nard & B, et se fait de plus en plus introspectif sur Against Me produit par OG Parker et Chop Squad.

Bien que Doe Boy se promène sur les productions avec facilité, il faut néanmoins ne pas trop se complaire dedans. En effet, sur des morceaux comme Savage Back et Solid, le rappeur sonne presque à l’identique à Mozzy tandis qu’il vole complètement la vibe de Key! sur Too Playa ou copie Future sur Freeband Anthem. Le projet met ainsi en avant les qualités de rappeur évidentes de Doe Boy mais démontre également une identité mal définie. Pour mieux briller, Doe Boy doit se positionner et enfin établir son identité artistique.