Un équipage codéiné qui n’a pas froid aux yeux et vise la popance comme tout pirate vise le One Piece, c’est bien de Lyonzon dont on parle. Pour y parvenir, les gones ont compris qu’il faut se démarquer, que seules la sueur et la soif permettent de faire la différence et d’obtenir les sous. En l’espace de deux ans, le collectif lyonnais a donc sorti six projets réunissant chacun une vingtaine de titres et vient de publier leur septième, sûrement le plus abouti d’entre tous.

Et comme toute flotte, Lyonzon évolue au fur et à mesure de son périple : des moussaillons ont quitté le navire, à l’image de Nouvelle-Conscience (Mazoo, Rolla, So Sama) quand d’autres sont devenus plus prépondérants, comme Ashe. Néanmoins, l’âme du collectif est restée quasi intacte, notamment grâce au producteur/rappeur aux allures de capitaine du navire, Gouap.

“Yeah, tout niquer, c’est nos objectifs, on était 11 au début, ils croyaient qu’on était 32″‘ (Azur – Comme nous)

Sur leur nouveau projet, En attendant la popance, les productions sont toujours aussi sombres et oppressantes, avec de puissantes basses et peu de mélodie. Laissant la place pour mettre en valeur la voix de chaque artiste. D’ailleurs, depuis le départ, c’est l’une des forces de Lyonzon : chacun possède une voix et un flow aussi personnels que reconnaissables. Même si des similitudes existent, notamment entre les Saturn Citizen, Azur et Bushi, dont on a parlé ici. Après avoir créé une attente autour de leur musique, l’équipage lyonnais a su répondre en évoluant, notamment en terme de maîtrise, qu’il s’agisse de la technique des rappeurs, du niveau des textes, ou bien du rendu sonore grâce au mixage.

Ainsi, la violence est toujours plus palpable avec des titres comme Tah Sah, où Noma débute avec un couplet rempli d’attitude et Mini Gouap pose un refrain sur lequel il accentue “cerveau “et “ta soeur” de la même manière que Tah Sah afin de les faire rimer entre eux. Ce qui a aussi pour conséquence d’augmenter la pression qu’exerce le refrain.

Parmi les moments forts de la tape, on retient sans aucun doute le refrain énergique et entêtant de Mussy sur Comme nous. En évoquant les clones qui copient Lyonzon, il parvient à créer une boucle permanente dans l’esprit des auditeurs. Aussi addictif que leur cons’.

“Comme tous les soirs on est pété, pourtant on a rien à fêter” (Ashe – Parle pas Russe)

Hormis Range ton Tah et OG, signés GG, qui excelle dans le no melody beat, toutes les productions sont signées Gouap. Dessus, chacun apporte sa personnalité, qu’il s’agisse de Kpri et son insolence, de Jolly et ses rimes italiennes, de Ashe et ses couplets dévastateurs… chacun possède un rôle et permet de construire un équipage solide en partageant les compétences. Pour les épauler sur ce projet, on retrouve le marseillais JMKS, dont on vous présentait le dernier projet ici, ainsi qu’un nouveau nom à suivre, J-Kobb.

Ayant attiré un public et toute une scène autour d’eux,  comme en témoignent leurs freestyles #Arah qui explosent le compteur youtube, ils peuvent désormais capitaliser sur leur travail et publier leurs nouveaux projets exclusivement sur les plateformes payantes. Après avoir fait leurs armes sur soundcloud comme tout rookie, Lyonzon est prêt à envahir le Shinsekai (Nouveau monde).