Plu2o_Nash-interview

Plu2o Nash est considéré par beaucoup comme le prochain super-producteur en provenance de Chicago. Il vient notamment de travailler avec le rappeur ASAP Rocky sur le track “JD”, extrait de son dernier album At. Long. Last. ASAP. Positionné au milieu du projet, ce titre sonne comme un petit intermède psychédélique.

Nous avons parlé avec lui afin d’en savoir plus sur les circonstances de son travail avec Lord Pretty Flacko, mais également son background en tant que beatmaker.

 

Comment as-tu fait la connaissance d’A$AP Rocky

Je n’ai jamais été en lien avec ASAP, j’ai rencontré son manager Chase. Un mec cool. Il m’a appris quelques trucs mais c’est Scott Vener (le superviseur de la musique chez HBO) qui a envoyé le beat pour moi. C’est comme ma seconde famille blanche, un peu comme dans un délire Brad Pitt/Angelina Jolie (rire). Il est une grande source d’inspiration.

Un mot sur la production du titre “JD”  ?

J’ai fait “JD” dans le sous-sol de ma grand-mère. C’est fou parce que je l’ai envoyé le jour de mon anniversaire !

Dans quelles circonstances as-tu commencé la production ? 

J’ai commencé à faire des beats parce que ma vie commençait à tourner en rond. Les gens vont au lycée puis à l’université, ils obtiennent un travail basique où tu taffes de 9 heures du mat’ à 17 heures et ensuite ils meurent, ou alors ils restent dans le ghetto sans avoir de tunes. Je me devais de faire quelque chose de différent.

Quel est ton style ? 

Nash Effect est mon style de production. Quelque chose qu’on n’a jamais entendu avant. Seul mes fans et les gens qui me soutiennent peuvent décrire mes beats.

Raconte-nous un peu ton enfance à Chicago ? 

J’ai grandi dans le côté sud de Chicago. J’étais à Kenwood dans ce quartier appelé Hyde Park. Cette merde m’a vraiment ouvert les yeux. J’ai vu qu’il y a tout un autre monde derrière celui-ci.

Tu peux nous parler du premier beat que tu as fait ?

Le premier beat que j’ai fait, c’est quand j’ai décidé d’arrêter de faire de la house musique de Chicago. C’était pendant ma première ou deuxième année d’université. C’est le pire des beats que j’ai jamais fait.

Quel a été ton premier tube en tant que producteur ? 

Le premier gros tube, je dirais que c’est “Interest” de Lucki Eck$. Je dis ça parce que je suis tellement concentré à faire des beats trap en ce moment.

D’ailleurs, tu collabores souvent avec ce rappeur. C’est un ami ? 

Je l’ai rencontré grâce à mon pote Xavier. J’avais un appartement que ma mère m’avait laissé pour faire mes prods, et Lucki a commencé à venir, car au même moment il bossait sur de l’Alternative Trap. Auparavant, on s’était presque rentré dedans lors d’une soirée (rire), tout ce que je savais c’est qu’il rappait. Puis après tout s’est apaisé, on s’est retrouvé autour de quelques drogues, et on a fait quelques beats. C’est un pote maintenant.

 

Ton opinion sur la scène de Chicago ? 

La scène de Chicago est décente. On peut faire mieux mais il n’y a pas de loyauté comme à Atlanta où dans les autres endroits, et c’est ce qui foire tout. Mais cet état d’esprit aide toujours puisque ça nous démarque d’une certaine manière vue que l’on vient de rien. Honnêtement je pense que si les rappeurs de Chicago se focalisaient sur une musique plus intemporelle, alors on serait vraiment au top. Je pense qu’on a été un peu feignant depuis Chief Keef, mais on est toujours là. Tu ne sais pas ce que Chicago peut te réserver !

Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ? 

Quand je ne bosse pas j’écoute le (Lil) Wayne de l’époque. Pratiquement que l’ancien Wayne parce que ses mixtapes étaient vraiment top, il était le meilleur et je vais devenir le meilleur. J’écoute aussi Kanye West, Drake, Future, et tout ce qui m’inspire vraiment.