La scène rap belge est devenue en quelque temps INCONTOURNABLE grâce à ses différents protagonistes, JeanJass & Caballero, Hamza et le plus connu de tous, Damso que l’on ne présente plus. Elle nous régale de nombreuses sonorités, un véritable vivier de talents s’y profile et cela pour notre plus grand plaisir.

Originaire de Bruxelles, ISHA, 32 ans, n’est pas un petit nouveau dans le rap game. Il a passé de nombreuses années à affuter sa plume et travailler ses rimes, ce qui lui a valu une certaine reconnaissance auprès de cette scène made in Bruxelles et au-delà.

On a pu découvrir ce rimeur hors pair, avec ses différents EP La Vie Augmente Vol 1 et la Vie Augmente Vol 2 où il s’est encore plus dévoilé.

C’est un ISHA tout sourire qui nous accueille à Bizarre ! (Vénissieux) avant son concert, afin qu’il réponde à quelques questions pour Ninki Mag. Son parcours, ses projets musicaux, la vie, son futur… Entretien.

Bonjour ISHA, peux-tu te présenter en quelques mots et raconter ton parcours rapologique ?

Salut, moi c’est ISHA avant je m’appelais Psmaker, j’ai commencé la musique il y a maintenant une quinzaine d’années. Il y avait une petite scène locale à Bruxelles et de mes 16 à mes 22 ans j’étais vraiment actif. J’ai sorti mon premier projet à 20 ans.  J’ai fait pas mal d’apparitions, il y avait beaucoup de mixtapes à l’époque et puis il y a eu un gros creux, où il ne se passait plus grand-chose. Je crois que je ne suis pas le seul à avoir arrêté à ce moment-là.

Puis j’ai décidé, il y a quelques années, de reprendre un peu… Je suis retourné en studio et parallèlement à ça, il y a eu l’engouement autour du rap belge et au studio je me disais que cela ferait du bien à tout le monde.

Deux ans se sont écoulés et j’ai décidé de revenir sur le devant de la scène avec mon vrai prénom, ISHA, pour marquer le changement. On m’a toujours dit que mon nom sonnait bien alors je me suis dit pourquoi pas ! (Rires)

Pourrais-tu nous expliquer l’émergence de la scène belge et à ton avis qu’est-ce qui s’y passe exactement ?

Pour moi elle est clairement due à internet ! J’ai connu le début d’internet, niveau rap il y avait quelques sites spécialisés, quelques outils, mais qui n’étaient pas encore assez élaborés. Aujourd’hui il y a en a beaucoup avec lesquels tu peux te faire connaitre partout. Il faut aussi préciser qu’on est à l’apogée des réseaux sociaux, tout le monde est abonné et c’est grâce à cela que la scène belge a été mise en lumière. On l’aime parce que d’après moi, tous les artistes apportent quelque chose d’unique, notre force c’est la diversité que l’on peut y trouver ! Il n’y a pas deux Roméo Elvis, ni deux JeanJass, ni deux Caballero, ni deux Hamza et c’est ça qui surprend les gens. On n’a jamais mis les projecteurs sur nous, je pense qu’inconsciemment on a compris que c’était maintenant ou jamais. On a fourni le bon effort au bon moment. Je dis souvent que « le projecteur tourne » et en ce moment on l’a sur nous, on l’a agrippé et on ne veut pas le lâcher (rires). Et d’après moi, ce n’est que le début !

Peux-tu nous parler de tes différents projets musicaux, La Vie Augmente Volume 1 et La Vie Augmente Volume 2 ?

La Vie Augmente Volume 1 est sorti en avril 2017. Je me suis remis à travailler, j’ai pris beaucoup plus de temps car j’ai dû chercher des sonorités, faire des tests. Les morceaux comme La Vie augmente ou comme 3h37, c’est des choses que je ne faisais pas avant, j’ai dû essayer plein de trucs, mais je pense que l’écriture a toujours été la même. Pour La Vie Augmente Volume 2, j’ai gagné en maturité et en confiance. Le volume 1 a eu du succès, les critiques étaient super bonnes et plusieurs sites l’ont classé dans les meilleurs albums de l’année. J’avais la pression, parce qu’on m’a dit que ça serait difficile de faire mieux donc il y avait ce challenge qui m’habitait mais il y avait aussi l’assurance que j’avais acquise. J’étais beaucoup plus sûr de moi pour des morceaux comme Au grand Jamais ou Domamamai. Je pense que j’ai réussi à faire mieux que le 1 et j’ai fait en sorte que l’on en apprenne plus sur moi, sur les nombreux challenges que je m’étais donné. C’est mon ADN mais dans des prods un peu plus dansantes !

Quel est ta façon de travailler et comment choisis-tu tes collaborations ? On peut entendre les rappeurs Caballero, JeanJass, Makala….

Ça se fait plutôt au feeling ! Makala je l’ai découvert parce que nos producteurs se connaissent très bien. Justement, on parlait de lui dans le train, c’est vraiment un génie, il prend des risques et ça c’est fort ! Il fait des choses qui n’ont jamais été faites et je sais qu’il est très bon dans les bangers, même si ce n’est pas ce qu’il fait le plus aujourd’hui. Je me rappelle, on était au studio on lui a fait écouter la prod de 243 MAFIA, j’ai vu qu’il bougeait la tête et qu’il kiffait. Alors, on s’est dit pourquoi pas ! Quant à JeanJass et Caballero, c’est la famille, je pense qu’ils seront présents dans la plupart de mes projets.

Concernant ma façon de travailler, je recherche des prods avec une certaine texture. Par exemple pour la chanson Mon Papa me manque, je voulais faire un son en hommage à mon père et dès que j’ai entendu l’instru je savais que c’était celle-là et pas une autre ! L’émotion que j’y ai entendu c’était ce que je ressentais à cet instant. Tu sais, il y a beaucoup de choses qui s’améliorent pour moi et je me dis que de là-haut, mon père doit être fier de moi. Du coup, dans cette chanson il y a vraiment un mélange de joie et de tristesse.

Lorsque je crée, c’est vraiment l’instru qui me dicte ce que je dois dire, c’est pour ça que le beatmaker c’est vraiment la base de tout ! Les instrus me donnent une certaine émotion et moi je trouve dans mon panel ce qui peut correspondre. Après, je fais ma petite recette ! (rires)

Dans 10 ans, tu te vois où ?

J’espère être ni aigri ni frustré ! J’espère juste être heureux et que mon fils soit heureux et fier de moi… En fait, j’ai du mal à m’imaginer dans 10 ans ! Je veux juste être heureux et chill ! (sourire avec les dents du bonheur)

La question bonus !

Quelle est la marque de ton réfrigérateur ?

(Rires)

Retrouvez ISHA cet été un peu partout dans le monde !

Propos recueillis par Mamadou BY’FALL chez Bizarre ! – Culture Urbaines