article3

Neuja revient plus nouveau que jamais avec son morceau YEVEUALE. Dès les premières secondes de cette collaboration c’est un air au piano d’un des membres du crew lyonnais qu’on ne présente plus: Croco&co’, qui nous plonge dans les méandres sombres et énigmatiques d’un clip qui s’annonce chargé en promesse. 

L’incipit.

On l’a rencontré dans le groupe La Jungle, on le retrouve seul. Pour sa nouvelle identité visuelle le rappeur lyonnais Neuja a décidé de ne pas faire les choses à moitié en faisant appel à de fortes entités extérieures pour ce clip. La prod’ est signée KÖHL, la vidéo est réalisée par Alexandre Mouchet et le crew Croco&Co’, via l’oeil artistique de Marc-Henri Ngandu. Toute la matrice de la créativité en somme.

C’est pourtant partant avec de grosses réserves sur la pertinence de cette réalisation que je m’y plonge, je crains en effet que le visuel prenne l’ascendant sur le son me faisant devenir inconsciemment spectatrice plutôt qu’auditrice. Il n’est pas rare de tomber sur des collaborations ou la réputation de l’un fait de l’ombre à l’autre. Et c’est ce que je redoute. C’est donc étonnamment sous le charme que je me retrouve à regarder. Regarder à nouveau. Et regarder encore cette jolie œuvre artistique. Le pari était risqué. La victoire en est plus belle. Croco&Co’ x Neuja fonctionne pour le confort de nos tympans et pour le bien de nos iris.

 

 

Chapitre I : l’infusion de l’existence.

Durant ces 4 minutes ce n’est plus une musique que l’on écoute, ni une succession de séquences que l’on regarde, bien plus encore, c’est une douce harmonie. Tandis que les images révèlent toute la beauté du son, les mots du rappeur viennent traduire le message de la vidéo. Rien ne prend le dessus. À l’instar d’une structure chimique tout reste à sa place. Chaque détail, chaque image, chaque minute, chaque fragment est en amont analysé et parfaitement réfléchi. Une rigueur et un pointillisme appréciable, qui fait de ce clip un petit bijou visuel et sonore.

Tu voudrais un écran noir, une inertie totale. Ce clip te l’offre. Errant dans les rues, les métros et les églises de la ville, les acteurs dissimulent de regret ou de force leur fatigue, leur anxiété, leur trouble. Une gesticulation constante et perpétuelle presque vitale (traduit par le mouvement de la caméra qui ne trouve de stabilité qu’à de très rares instants). En regardant le clip on comprend par la suite une rivalité tordue entre deux groupes de garçons : les premiers membres du Croco&co, les seconds de Basse Couture.

Comme un vent d’empowerment masculin sur le bitume lyonnais on assiste à une situation conflictuelle, puisque qu’à la 2.55 minutes il y a cette scène. Sans nul doute la plus réussi tant la tension est parfaitement reflétée par les jeux des acteurs. Une confrontation remplie de colère qui est non sans rappeler celle de 1995 entre Hubert et le policier dans le magnifique « La Haine ». À cette époque le réalisateur voulut montrer l’incompréhension entre deux mondes parallèles car si différents, et le très large fossé que cela entraînait. Dans ce clip l’héritage du message de Kassovitz reste intact. Aveuglé par je ne sais quelle chimère chaque membre des groupes se regarde, beaucoup, mais personne ne s’écoute, du tout.

 

article 2

 

Volontairement ou non, ce clip s’ancre parfaitement dans les maux contemporains. En sortant de cette vidéo, il faut plusieurs minutes pour analyser réellement l’impact de tout cela. Mais seulement quelques secondes pour comprendre que c’est n’est pas suffisant. La satiété comme banni de notre vocabulaire, l’auditeur et le spectateur que nous sommes en réclame davantage.

 

Chapitre II : …

 

Neuja est a retrouver sur Facebook.

Croco & Co’ sont sur Facebook et Instagram.