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Qui a dit que Lyon était une ville-dortoire ? En tous cas le 28 Juin dernier, c’est en quelque sorte le futur du rap français qui se déplaçait sur la scène du Ninkasi Kao. Dans cette liste, on pense forcément à Joke et Némir ; mais la suite du casting n’est pas en reste : Gerry Madani , Baki RS, Missak & Ethor Skull. Petit retour sur l’événement organisé par ‘Les Toiles Noires’. 

21h: Aucune fil d’attente devant la salle du Ninkasi. J’arrive un peu essoufflée en regrettant mon retard. Je m’engouffre dans le Kao et remarque un public bel et bien présent, ponctuel et attentif.

Les styles et les âges diffèrent mais une chose les rassemble, la scène.

Au fond, est tendue une énorme toile du label Lyonnais, Villeurbannais et Vaudais, Olympic Records. La typo est simple mais clean, l’écusson central à l’allure baroque représente un pique de carte à jouer.

Balayés par les spots, je reconnais le mastodonte et fondateur d’Olympic Rec, Gerry Madani, accompagné de deux autres rappeurs. Leurs casquettes sont à l’envers, leur enthousiasme fait monter la chaleur de la salle et les cris de certaines.

Je remarque aussi Baki RS (co-fondateur du labs) torse nu. Son timbre de voix est marqué par un accent particulier.

Le passage de Gwen (?) d’Olympic Records (?) vient adoucir le côté agressif de la scène.

Sur scène, les rappeurs enchainent les allers-retours. Leurs voix sont basses, crades, nerveuses. Pas mauvais, mais pas mon genre du tout.

Baki RSbakirs- ninkasi

bakirsninkasi

La scène s’éclaire quelques minutes. Changement de plateau et on enchaîne avec deux membres de l’Animalerie (Lyon, FR), Missak et Ethor Skull. Le beatmarker Wone2 de la Megafaune, assure les samples old school, passant du hip-hop au trap.

Les MC rappent et riment à base de frappes verbales. Les punchlines sont nombreuses et je ris de cette haine (Missak, c’est pour toi) envers la gent féminine.

Ils balancent des riffs, font participer le public, leur proposent de fêter la prochaine sortie du nouvel EP de Missak, en buvant un peu de vodka pure (prévue pour le 14 juillet).

Bons chauffeurs de salle en somme, bonne ambiance intimiste. Bon MCs.

Missak
J’ai à peine le temps de fumer une clope que le concert reprend. Seul, au fond de la scène, j’aperçois Everydayz.

Ce talentueux beatmarker et producteur balance du son lourd de basses.

La foule chauffée depuis 20h, s’attroupe rapidement devant la scène et s’excite.

Arrivent, Némir et Gros Mo.

Ils semblent familiers, se disent connaître Lyon, son public et … L’aimer. L’ambiance y est chaleureuse. La générosité de la foule ne se fait pas attendre (Gros Mo se fait offrir des tonnes d’indus en moins de 30 secondes).

Nemir balance des morceaux avec un débit qui doit atteindre les 3 voire 4 mots par secondes. C’est en apné et la bouche ouverte qu’on se laisse emporter par son flow. Les morceaux s’enchaînent et rebondissent sur les basses magnifiquement gérées par Everydayz.

La chaleur se fait ressentir, mais, Nemir ne lâche pas son bonnet phrygien. Il refile même, au public, une fièvre à en faire couper des têtes.

Nemir et Gros Mo – Wake Up

Nemirnemir-ninkasi

 Le concert se termine par Joke.

En pleine tournée pour son dernier album, Tokyo, cette figure hip-hop en vogue nous propose un live très dark mais bien progressif. On flotte sur un très bon beat.

Joke – Scorpion

Joke – Tokyo Narita

Jokejoke-ninkasi

C’est finalement sur une touche sportive dégoulinant de punchlines et de flows suffoquants, que Les Toile Noires prod nous ont assuré un superbe début de week-end.

Encore merci à eux, au Ninkasi, aux techniciens, aux artistes, aux bénévoles et au public bien réactif !

EMLSK (credit vidéos : Laurent Chardard)