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Hier, Ninki a été pour toi au Transbordeur à l’occasion de l’Original festival. Première soirée et déjà de grosses pointures : Cody Chesnutt, Akua Naru et Oxmo Puccino. Le spectacle promettait d’être très bon et placé sous le signe du jazz, en voici le debrief.

Alors que j’aborde tout guilleret la salle de concert villeurbannaise, je me heurte d’entrée à un vigil un peu cowboy qui m’ordonne sympathiquement de laisser mon appareil photo à l’accueil et de la fermer. Bon…soit je passe au-dessus et enchaîne, je suis là pour un bon moment, rien ne le gâchera (d’autant que j’ai prévu un appareil photo de secours ! ) Je pénètre dans les locaux, un poil à la bourre, le concert a commencé depuis quelques minutes, je m’installe tranquillement en fosse pour me sustenter des sonorités très jazz qui se dégage de la scène.

Je cherche un visage et là apparaît Akua Naru. Coiffée de son plus beau chapeau elle chauffe la salle, dans tous les sens du terme. Très sensuelle sur un Poetry : “How Does It Feel ?” elle enchaîne avec “The world is Listening” , punchy à souhait. On alterne entre énergie brute et douceur, la salle est conquise et le public amoureux. À déguster sans modération ou presque : la belle dans un élan de partage va exploser son timing et se faire rappeler à l’ordre par les techniciens, pas forcément très agréablement. Mais timing oblige, on sort le groupe de scène un peu précipitamment et prépare le prochain artiste.

Le temps de prendre un peu l’air, on revient voir nos deux lyonnais, j’ai nommé Kacem Wapalek, premier du nom et son compère aux beats justes Monsieur Lapwass. Un set remanié depuis les derniers shows de l’animalerie, beaucoup plus de frappe, de hip et de hop. C’est bon à entendre, par rapport aux autres presta cool mais un peu trop reggae/ragga à mon goût. On se délecte des paroles. Kacem ravit les plus exigeant, comme à l’accoutumée avec “Les oiseaux” , “Des chiffres et des lettres” et ses vannes d’entre son. Kacem le son : récolte une tempête d’applaudissement. Bravo à lui, un show très pro.

Kacem Wapelek – Des Chiffres Et Des Lettres [vsw id=”CSaNCkP1L1k&feature” source=”youtube” width=”600″ height=”350″ autoplay=”no”]

Un passage furtif du chauffeur de salle entre les deux artistes. Petit hic, le public n’est pas réceptif et n’attend qu’une chose que l’artiste débute. Dommage, l’initiative est bonne mais ça ne passe pas.

C’est au tour de Mister Chesnutt d’investir la scène du Transbo. Et là, on entre dans une autre dimension, ça jazz, ça groove ça funk. Entrée en beauté sur un “That’s still Mama”, sans déconner le groupe dégage une énergie telle qu’on swingue dès le début. La justesse est au rendez-vous et on apprécie tranquillement ce moment d’une qualité remarquable. Les musiciens se font vraiment plaisir et chacun y va de son solo. On se croirait presque dans une jam session. L’artiste chauffe encore plus la salle, coiffé lui de son mythique casque militaire et armé de sa guitare.

Le temps de prendre une lampée d’eau (n’en déplaise au barman) et je file m’installer dans les gradins. Repos du guerrier avant el maestro Puccino. C’est peu dire si je vous avoue avoir attendu ce moment très longtemps (et je ne suis sûrement pas le seul). Une voix de jeune femme type hôtesse prend le contrôle des baffles et annonce pour le plaisir de tous, le début du récital. Les musiciens commencent leur numéro. On embarque à bord d’un airbus tout confort sur Puccino Airline. Le commandant de bord placé dans son siège attend que les spots déploient leurs faisceaux. Il apparait, grand patron, bourré de charisme et c’est parti pour plus d’1h30 de spectacle. Les classiques sont là (Mes fans, Où est billie, Mal au mic, Mon pèze…), les nouvelles aussi (Les gens de 72, Parfois, Sucre pimenté). Sur la fin, le public est chaud, répond aux chœurs, Oxmo débute alors un quart d’heure américain avec Masterciel, Equilibre, et d’autres sur fond de Lose Yourself, In Da Club, Next Episode, un régal.

Je m’écarte tranquillement, pendant les rappels, oppressé par un groupuscule parisien venu déployer des « aight » à un rythme constant de 20 occurrences par minute, ne laissant aucune chance à un silence rêvé de faire place entre deux chansons et profiter de la voix suave, du Black Despera’. Le concert s’achève sur “Un cactus de Sibérie”, parfait.

Oxmo Puccino – Le Mal Que Je N’ai Pas Fait[vsw id=”lIcCKPKbm4s&feature” source=”youtube” width=”600″ height=”350″ autoplay=”no”] 

On retient :

Une soirée parfaite niveau artistique avec des groupes au top sur scène, aussi bon voire plus rock que la plus rock de tes copines. L’excellente sonorisation de chaque artiste, qui a vraiment joué dans la balance. Bravo aux techniciens pour le taf (son et lumière).

– Le service peu accueillant du Transbo’ (vigil/barman)

Ce soir, on change de registre avec 1995, Nemir, Psy 4 et bien sûr Ninki sera à nouveau sur place. See you there !

Akua Naru

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Kacem Wapalek

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Mister Chesnutt

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Oxmo Puccino

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El GTY.