kennyarkana

On continue le marathon Original avec le show 3 à La Sucrière et la Nocturne au Transbordeur. Si le vendredi était plus axé jeunesse et plaisir de la vie, le samedi lui était synonyme de maturité et d’engagement.

Tout commençait bien, j’avais pris la résolution de ne pas arriver en retard cette fois-ci. J’arrive donc avec une heure d’avance. C’était sans compter sur les autres personnes ayant la même idée lumineuse. Résultat, ça bouchonne et je mets 45 minutes à rentrer… Avec la pluie en guest, je suis ravi. Un mini-van RedBull transformé en disco mobile pour faire patienter est installé vers l’entrée : ça ne fait pas avancer plus vite mais c’est le petit plus qui fait mieux que de la musique d’ascenseur. On me signale par sms juste avant mon entrée que le concert commence, décidemment…

Je pénètre donc dans les locaux de la Sucrière, La Marabunta est en route mais n’a pas la chance d’avoir une salle remplie. Mais ils ont la pêche et s’amusent bien. Etranges moments entre les chansons, ambiance sans ambiance. Le concert se termine au bout de 20 minutes à peu près, dommage le public reste vraiment sur sa faim.

On passe ensuite à Experimental, rappeur Lyonnais accompagné de Dj Yep lui de Bordeaux, pour la promo de « Soldat Inconnu ». Tout comme son nom l’indique la prestation est expérimentale avec un univers spécial, mais engagé. Ils laissent une étrange sensation aux spectateurs, cela semble réussi. Les morceaux n’ont pas l’air d’être créés pour être agréable et faire dans le tout prêt. Le rappeur expliquera sa démarche, son engagements et incitera le public à ne pas se laisser avoir par ce que disent les médias avant de quitter la scène sous les applaudissements quand même. Peut être plus la pensée que la prestation artistique.

Le Rman show reprend pour motiver les troupes avant l’arrivée du prochain artiste. Il tâte l’ambiance, cela se confirme : le public n’a pas apprécié le groupe précédent mais attend de pied ferme Rocé, dont on scande le nom.

Il débarque avec Dj Kaz pour mettre le feu pendant près de 45 minutes. Y’a pas à dire, c’est beaucoup mieux en live qu’en cd. L’artiste Val-de-Marnais gère très bien son live et exécute à la perfection ses titres, on passe de gros classique comme “L’être humain et le réverbère”, “Des questions à leurs réponses” ou “10/10” aux nouveaux sons de Gunz’n’Rocé comme “Sur la lune” ou “En apnée”. Le tout sur des instrus monstrueuses, les deux compères gèrent leur live. L’artiste se fait plaisir et pose plusieurs fois a capella, c’est vraiment agréable à écouter. Conclusion sur le célèbre “On s’habitue”, magique.

Rocé – Assis Sur Une Pierre[vsw id=”7oo2ALXCGtU&feature” source=”youtube” width=”600″ height=”350″ autoplay=”no”]

Le niveau monte encore d’un cran lorsque débarque la Scred connexion. Le public chaud bouillant, n’a pas eu le temps de se reposer. Si hier les temps de pause duraient 15/20 minutes, ce soir c’est à peine 10 minutes, parfait ! Le concert débute dans une ambiance de dingue, avec Dj Simsima qui fait le show. Les Mc rentrent un par un et reviennent en équipe. Résultat : le public est fou. Niveau tracklist : tous les albums sont passés en revue avec Opérationnel , Je parle , Issue de secours , A la page révolutionnaire. Le collectif Parisien choie son public qui lui rend bien en backant les paroles.

Simsima a droit à son petit moment perso, il joue avec le public et sa voix type Google Traduction « Quand je dis Simsima, vous dites enfoiré ! ». Bien, c’est un style et ça fait marrer. Ce soir on est gâté par le turntablism, pas mal de freestyle aussi bien pour Rocé que la Scred et le niveau est excellent !

Tout se passait bien jusqu’à ce qu’un groupe de relous visiblement adulateurs de Seth Gueko s’adonnent à des chants lyriques tels que « La chevalière marche avant, marche arrière » à chaque silence. Hmm, souvenir du soir 1. Je me décide à changer de place, et tombe alors sur ce mec, qui drague cette fille et QUI PARLE TRES FORT.

Le concert se termine sur “B.E.Z.B.A.R” et là c’est la guerre. Bravo à la Scred qui a fait un concert carré, pleins de classiques et avec la gniaque. La Sucrière est pleine à craquer, on s’en doutait un peu vue la queue et le peu d’espace disponible au centre mais surtout ça s’entend. J’en aurai presque des frissons. 22h50, le concert se termine et on change le plateau une dernière fois pour Mme Arkana.

Je m’écarte de la foule en délire pour aller me prendre un godet et me fait alors cette étrange réflexion : musique engagée + Keny Arkana = beaucoup de babos, néohippie, altermondialistes et autres individus aux cheveux sales, emmêlés en boudins et habillés de teeshirt en coton bio. Sinon blague à part, des affiches sont placardées un peu partout nous informant que des captations audiovisuelles sont faites durant la soirée, bonne nouvelle !

Retour devant la scène, l’ambiance est survoltée et la sécurité semble ravie. Pendant ce temps je vois qu’on installe des instruments, j’aime cette idée. L’attente est très longue et le public s’impatiente, au bout de 45 minutes les lumières s’éteignent, attention les ballons.

Entrée en matière suivie du « Syndrome de l’exclu » de son dernier album, en featuring avec RPZ qui sera présent sur tout le concert. Elle enchaîne sur “Gens pressés”, “Sans terre d’asile”. C’est assez fou comme le public est présent, il forme une masse compacte et impénétrable, qui fascine mais ne donne pas vraiment envie d’y aller de peur de perdre un os ou sa respiration.

La marseillaise alterne entre gros sons et moments tendresse, on se croirait presque en concert privé super intime avec “J’me barre”, “Peur de la liberté”, mais NON on est plus de 1 500. Keny et sa bande se balade du rap au reggae en passant par le ska et le drum’n’bass. Comme dirait (à peu près) le grand Oxmo, elle « navigue entre les [genres] avec des rames de poètes ». Fidèle à elle-même, elle n’est pas figée et ne se contente pas de faire la moitié des choses. C’est comme si on assistait à 6 concerts différents de la même artistes avec des musiciens au top. On s’arrête 2 minutes pour parler sérieux, la belle tient à rendre hommage à Stéphane Hessel, des 100aines de briquets s’allument dans un presque minute de silence et elle embraye sur Indignados ! Bon là, c’est l’hystérie ou du moins ça y ressemble.

Keny Arka – Syndrome De L’exclu[vsw id=”lm3BlIY8NJs&feature” source=”youtube” width=”600″ height=”350″ autoplay=”no”]

Je quitte la Sucrière alors que résonnent “ Planquez-vous” et “La rue”, intense ! Je m’en vais rejoindre, Psycho Realm au Transbordeur pour la Nocturne 2. Salut Keny, à bientôt, et pour une fois c’est elle qui nous a tué !

Mes qualités relationnelles me permettent de trouver une voiture en 45 minutes, soit à la fin du concert d’Arkana. Pas mal. C’est là que je me rends compte du nombre de personnes extérieures à Lyon qui sont venues, les plaques d’immatriculations affichent des 01/38/74/73/13 (attention ceci n’est pas un numéro de téléphone).

Direction le Transbo en 205, sur fond de “Do you really” des Wu Tang. Des jeunes très sympathiques au demeurant, tellement que je leur offre (involontairement) mon précieux bonnet.

Je pénètre dans les lieux, scrute mon téléphone : il est 3h00. Quoi ? Ah oui, le changement d’horaire gratte une heure sur le temps de concert. Good news, j’ai loupé Psycho Realm : je suis dégouté. Je prends un café et accoure vers Maitre Doom dont les synthés me happent. Le public est restreint mais présent, concert pour un public d’initiés qui semblent prendre leur pied. Seul en scène, il assure son show avec son célèbre masque et une vidéo derrière sur vidéoproj’. Je crois reconnaître Fazers et Accordions.

Après 4 sons, rectification, j’arrive à la fin de Doom. Les fans semblent déçus de  ce départ sans rappel… Je commence vraiment à être dégouté.

Reste 1h30 de Dj set de Heroes & Villains. Assez étrange, le public se dissipe peu à peu et ne semble que peu séduit par la Trap music ! Je suis tristesse, cette connerie d’heure perdue m’a bien bernée !

On retient :

-Pas de navette mais une 205 vaut mieux que 2h de marche

-Finalement la Sucrière c’est chaleureux

-Il ne faut pas perdre sa lentille au milieu de la salle

-Il n’y a pas de sandwich à la terrine de chevreuil au Transbordeur à 3h du matin.

-C’est ici que s’arrête les aventures de Ninki à l’Original Part I. Merci pour ceux qui ont suivi nos chroniques, merci à l’orga. Rendez-vous dans un mois pour Public Enemy et Kery James !

La Marabuntala-marabunta-original-festival

ExperimentalExperimental

RocéRocé-original-festival

Scred Connexionscred-connexion-festival-loriginal

Keny Arkanakeny-arkana-festival-loriginal

MF DoomMf-Doom-festival-original

Heroes & VillainsHeroes-Villains-original-festival

El GTY.