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(© Greg Vuxta)

Dimanche soir avait lieu, l’ultime show du festival l’Original au Transbordeur. Point d’orgue des 10 piges, l’affiche était sans doute la plus « tête d’affiche ». Avec Kery James et Public Enemy, on pouvait s’attendre à voir beaucoup de monde à Villeurbanne. Et ça a été le cas, retour sur l’acte II du festival.

Tout d’abord, je tiens à m’excuser pour mon manque de professionnalisme en ayant oublié de me munir d’un quelconque appareil photo. Mais rassurez-vous, j’ai trouvé de beaux clichés à vous montrer réalisés par Greg Vuxta

Le concert commençait par un warm-up 100 % du lyonnais avec Revolver et La Fusillade & Dj Prems, deux groupes originaires de Vaulx-En-Velin. Les deux équipes toutes deux motivées, étaient face à un public mi-connaisseurs, familles et amis, mi-connaitpas (j’étais dans ce groupe-là). Evoluant à domicile, ils avaient la balle (de fusil) dans leur camp et ont visé juste. Quelque peu axé armurerie, les mc’s exécutent leurs sets avec la pêche et font le taf. Je regrette personnellement la grande présence de jingle à base de « clic-clic, bang bang », c’est marrant quelquefois mais sur la longueur c’est un peu lourd.

On voit passer des titres comme “2 minutes”,  “n’attend pas ” ou “Formule 1”, le public répond présent et le préchauffage de salle est réussi. Cependant, la salle semble moins remplie que prévue, voyons comment ça va évoluer pour Kery James.

Vers 21 h, on finit d’installer la scène et les gens descendent des gradins dans la fosse, ça se remplit tranquillement. Kery et sa bande tournent pour la promo du dernier album Dernier MC dans une configuration inédite avec un vrai batteur pour l’accompagner. Et le rendu est carrément bon, le rappeur dès les premières phases déploie une énergie dingue et le public fait de même. On est passé à un niveau ultra pro et calé dès maintenant (aucun reproche aux groupes précédents, juste un contraste bien marqué). J’ai l’impression que chaque morceau est classique tant le public est à fond. “Le retour du rap français”, “Dernier MC” passent et font mouche. Le chanteur présente un nouveau morceau “V pour vent d’Etat” et bien que les paroles aient du sens, je ne peux pas passer à côté de cette instru dubstep. Alors bon, voilà ça a déjà été dit plein de fois, mais il faut arrêter maintenant avec la dubstep, merci. Passons. Je lui pardonne avec le morceau suivant “Banlieusards” qui fait lever les briquets et chanter l’assistance en cœur. C’est beau. Kery est de ces grandes écuries qui tiennent et ne déçoivent pas (ou peu).

Petit moment tendresse avec l’apparition de Zaho, hein ? Bon, c’est vraiment têtes d’affiche ce soir !

Oddy B, assistant MC et backeur présente les membres du groupe, son acolyte Teddy CORONA, Dj Moscow, Pierre Belleville le nouveau batteur et last but not least Kery James. On repart sur “À l’horizon” sans Corneille, puis “Lettre à la république”. Il se tient seul, sous le feu du projecteur avec un piano en fond. Comme récitant sa poésie devant la classe, il connait son texte par cœur et le vit : 20/20. Enchaînement direct sur “Constat amer” comme ça tout le monde en prend pour son grade. Fin en beauté sur “Hardcore”, le public est fou ! Maintenant plus qu’à attendre la fin de la tournée pour savoir si oui ou non le public Lyonnais a été le plus chaud de tous !

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(© Greg Vuxta)

22 h 40, Public Enemy s’installe et c’est déjà le début des festivités rien que pour le soundcheck, ça jam tranquille scratch, batterie, basse, gratte. Le chauffeur de salle du groupe fait monter la pression à base de « Turn it up !» et chauffe le public à blanc, prêt à en découdre avec le groupe US mythique ! Quelques minutes plus tard, on annonce « soundcheck is officialy over ! ». C’est parti pour le show comme dirait Nadiyaa.

J’avoue que je connaissais le groupe avant, mais que très peu au final. Ce qui fait qu’une bonne partie des morceaux m’étaient inconnus, sauf les célèbres “Don’t believe the hype”, “Can’t trust it” ou “911 is a joke”. Les papas du rap assurent leur presta et ne semblent pas encore fatigués. Le directeur du festival, Jean-Marc Mougeot ayant eu ouïe dire qu’ils avaient retourné le Printemps de Bourges, il fallait qu’il en soit de même ce soir sinon mieux !

Sur scène il y a du monde, deux danseurs/backeurs tout de camouflage vêtus, Chuck D, Flavor Flav, les musiciens et deux mecs assistants « prend ma veste et met la sur le côté ». Ça a presque un air de boysband. Côté son on est gâté avec une reprise de Rappers delight (si si !), tous les musicos font des solos, Flavor Flav prend la basse et tape son slap. Bon, il y a quelques pains, mais bon c’est ça le rock ! Comment ça c’est pas du rock ? Bon ok.

Ah, en fait si c’est du rock. Les deux compères posent cette fois-ci sur “Back in black” d’AC/DC, toujours plus !

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(© Greg Vuxta)

 

Le show est intense, Public Enemy ne fait quasiment pas de pause entre les morceaux, jam et impro en tout genre. J’ai fait l’erreur d’oublier de prendre des boules Quiès et malheur ce soir, le son est super fort. Ce n’est pas désagréable au début, mais après plus d’une heure de concert ça commence à taper.

Entre un “Bring the noise”, avec le légendaire Once again back is the incredible de Chuck D,  et “I shall not be moved”, Flavor D lui se munit d’une baguette, d’un micro, s’installe à la batterie et se la joue homme orchestre. Effet réussi, mes voisins de gradin sont époustouflés « mais qu’est-ce qu’il ne peut pas faire ce mec ?!  C’est la polyvalence même…».

Alors que débute “Too much posse”, je m’éclipse un peu après minuit sans avoir eu la chance d’entendre “Harder than you think”. J’espère qu’ils l’ont joué, car c’était l’hymne des 10 piges quand même.

En tout cas, à l’heure de notre petit bilan perso, on retient que ce fût une édition forte en émotion, très diversifiée et mémorable. J’ai pu voir des artistes que j’attendais depuis un moment et je pourrais dire celle là j’y étais !  À dans un an l’Original et à très vite les Ninkiz !

Pour le plaisir, une petite vidéo made in l’Original pour un retour en images de l’acte I.

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El GTY.