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Venir m’asseoir devant cet ordinateur à la recherche d’un thème sur lequel écrire est devenue le rituel de ma vie. Scruter les recoins de mon quotidien, fouiller les internets, être à l’affût des nouveautés 365 jours sur 365. Mon passé comme historique, ma mémoire comme disque dur, mes yeux comme système d’exploitation, ma vie comme des onglets que j’ouvre. Que j’ouvre…

2016 l’année tragique pour la pop, 2016 l’année des records climatiques, 2016 l’année du zouk, 2016 l’année du Selfie, 2016 l’année du décollage, L’année des légumineuses, L’année catastrophéeL’année du rap, ect. ect. Ces derniers temps, non sans grands efforts de recherche il n’y a qu’à taper “2016” sur son moteur de recherche pour tomber sur des centaines de pages dressant le synopsis spécifique ou général de cette année. Alors oui, c’est vrai, dans quelques jours nous en aurons fini, nous accueillerons 2017 et toutes les promesses et les désirs cachés que nous espérons se réaliser à bras ouverts. Mais à quoi bon revenir sur ce passé au travers de bilans de fin d’année, alors que celle-ci…est passé. Aujourd’hui, focalisons-nous sur la découverte et les artistes qui continuent de nous marquer qu’importe la période. Et notamment le rappeur basé à Paris, Lonepsi, qui a sorti la semaine dernière un nouveau morceau.

 

Ce 23 décembre dernier. À quelques jours de Noël, Lyon à ce charme pétillant de ville en fête. Guirlande sur les fenêtres, installations gigantesques dans les centres commerciaux et sacs Primark dans les métros. Lyon s’est fait belle. Ses rues aussi. J’apprécie chaque moment à vagabonder sur ses pavés. Paradoxe éphémère et contrastant. Mains froides mais le cœur chaud. Ce soir-là j’ai Lonepsi dans les oreilles et je découvre la prose d’un artiste. À une heure où la nuit et le jour se confonde, je m’égare dans sa musique, dans ses mots, dans son rythme, dans cet hymne.

Hymne à l’ivresse nous plonge dans les affres profondes de notre âme. Elle touche et fait vibrer nos cordes sensibles internes. Il y en a pour qui le monde est si petit, qu’ils voudraient le manger, l’engloutir, le gober. Il m’est quant à moi, après cette écoute, infini. Lonepsi a cette faculté de supprimer l’illusion avec douceur, de nous heurter à la réalité avec des gans de velours. Pendant ces 3min27 nous faisons un face à face avec une jeunesse troublée. Virulente. Et fatiguée. Fidèle à lui-même le rappeur nous octroie un poème clair et limpide. Il n’est pas étonnant de retrouver l’artiste à la prod, et le jeune et talentueux producteur Katuchat (Soundcloud) au mixage.

Chaque mot est maîtrisé et affirmé. La plume de Lonepsi est léchée et douce. Ses rimes caressent et apaisent. Bien plus que nous donner des envies d’ailleurs, Lonepsi nous y emmène. À coup de repeat sur Youtube, le son tourne. Pendant des minutes ? Des heures ? Sans importance, l’essentiel est invisible pour la montre. Bercée par cette voix grave, calme et posée, je me retrouve alors comme un point hasardeux sur l’Atlas. Un tout petit face à l’immensité. Sans mauvaises pensées, sans faux sentiments. Ce morceau fait du bien. Et pour longtemps.

 

Hymne à l’ivresse, m’a fait comprendre cette chose.

La musique est absolument magnifique.

Absolument.

 

Big up à Jason Mouga du LLAB qui a gracieusement partagé le morceau ce soir de Décembre.