Désormais signé sur le label Jeune à Jamais, l’ex-moitié de Lutèce poursuit son parcours en solo avec Poster. Ce nouvel EP continue d’asseoir l’identité artistique de Marty de Lutece avec un univers cloud teinté d’une pop mélancolique sur laquelle le lyonnais pose une empreinte unique.

C’est avec le titre éponyme que s’ouvre le projet. Des nappes de synthé se posent en toile de fond et nous suivrons une bonne partie de l’EP pour nous bercer. Dessus, Marty continue de développer des textes introspectifs en multipliant les images et références pour dévoiler ses émotions.

“Ghostbusters, chasse mes démons quand ils reviennent / J’veux pas les toucher comme Patrick swayze” (Fantôme

Parfois énigmatiques, les textes de Marty stimulent l’imagination avec des associations d’idées évoquant un sentiment, comme en témoigne Beretta, coproduit par Marty et King Doudou qui signent la moitié du projet, tandis que Schumi1 produit l’autre moitié. Autour du champ lexical de la guerre, le rappeur lyonnais pose un regard désabusé sur les relations humaines avec une instru mélangeant influences rock et synthwave pour appuyer son propos.  

“J’rêve d’étendues quand j’m’enferme / Son corps étendu sur la terre” (Beretta)

Marty est parvenu à marquer chaque morceau de son empreinte artistique tout en ayant un EP diversifié : le premier single du projet, Comment Faire, produit par Schumi1, est résolument 2-step. Et pourtant, il conserve l’ADN cloud et mélancolique de Marty. Tout comme l’afrobeat de Monday, dont les envolées lyriques autotunées au refrain ajoutent à la dimension onirique du track. Tranchant ainsi avec le texte qui évoque plutôt la détermination.

Avec Poster, la production instrumentale est très riche et ultra soignée. Au-delà du mélange d’influences, les morceaux sont structurés de manière à ce que chaque nouvel élément qui arrive soit perceptible et accueilli dans les meilleures conditions. Ici, les introductions et conclusions ne sont pas bâclées. Au fil des mesures, les titres évoluent grâce à des transitions fluides, et amènent l’auditeur vers des refrains qui sont de véritables climax. Comme celui de Nah Nah, dopé par des basses saturées. 

En terme de rendu sonore, il s’agit sûrement du meilleur projet de Marty tant l’expérience est intense avec une multitude d’éléments qui s’imbriquent et s’enchaînent avec justesse et nuance grâce au mix de Schumi1. L’univers global, de la production instrumentale et vocale en passant par les lyrics, est homogène et converge vers une même vibe. A tel point que même un non-francophone pourrait ressentir les émotions transmises par Marty. Le Poster est universel et celui-ci se regarde autant qu’il s’écoute.