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Mohamed alias Mojo est un jeune homme multiculturel mais également multitâche. En effet, ce DJ/producteur né au Brésil est également dirigeant et co-fondateur de l’organisation Basse Resolution. 

 

Pourquoi t’appelles-tu Mojo ?

C’est un clin d’œil à Austin Powers. Non je rigole, en tout cas c’est ce que tout le monde croit ! C’est plus simple que ça, quand j’avais 14 ans on devait faire une partie de Xbox avec mon meilleur ami qui s’appelle Joachim. Vu que l’on devait faire une équipe, cela a été simple, Mo de Mohamed et Jo de Joachim soit Mojo. S’en est suivi toute une année où j’ai joué à la console avec mes amis sous le pseudonyme « Mojo », ils ont commencé à m’appeler comme cela et c’est resté. À 17 ans, quand on a lancé le collectif et que je devais jouer ma première date, il m’a paru évident de choisir Mojo puisque tous mes amis me connaissaient sous ce pseudonyme. À l’époque je ne connaissais même pas Austin Powers ou tous les dérivés que l’on peut trouver sur Mojo ! Du coup ce pseudonyme me tient à cœur car c’est grâce à cet ami que j’ai découvert et aimé la musique électronique. Il y aura en quelque sorte toujours un peu de lui dans Mojo, après tout je lui dois mon amour de la musique électronique et ça ce n’est pas rien.

 

 

Tu es natif du Brésil, comment es-tu arrivé à Lyon ?

Je suis arrivé à Lyon le 31 décembre 2001, à l’âge de 8 ans. Mon père est d’origine Libanaise et vivait au Brésil depuis 12 ans, c’est dans ce pays qu’il a rencontré ma mère qui a mis au monde mes 2 petits frères. Il voulait à la base que l’on aille vivre au Liban, mais son frère lui a proposé du travail à Lyon. Mon père a donc préféré que l’on vienne vivre en France. De toute manière il avait besoin d’être près de sa famille, la France étant bien plus proche du Liban que le Brésil. Ce voyage a très certainement chamboulé le cours de mon existence car je serais surement à la tête d’un collectif de musiques arabes au Liban à cette heure-ci (rire)

Tu es cofondateur du collectif Basse Résolution, explique-nous comment t’est venu cette idée ?

L’idée m’est venue après un long processus de réflexion. Je suis tombé amoureux de la musique électronique à l’âge de 13 ans suite au concert de Justice au Transbordeur. Après ce show je n’ai eu qu’une idée en tête ; être un jour à la place de ces gars. Il m’a fallu 4 ans de réflexion, à l’époque à Lyon il n’y avait pas autant de collectifs, de mémoire il y avait Caligula (l’actuel team Propagang/PapaMaman), Art Feast, Elektro System et les Nuits Sonores.

En regardant autour de moi, je me suis rendu compte que mes amis avaient plus ou moins tous une pratique artistique. Léo et Pierre (Mayday) mixaient, Pedre était déjà un graphiste un peu taré, Nailitch était connu de tous les jeunes lycéens de Croix Rousse comme le petit Chilien producteur, et moi je commençais à produire avec mon pote et co-fondateur Eloïs Sabuco. En voyant toutes ces individualités, j’ai pensé à l’idée d’un collectif avec cette bande de potes qui était déjà plus que liée par l’amour de la musique. Eloïs (le co-fondateur) a été la première personne concerné par le sujet, on a pris le temps de se structurer, créer le logo, trouver le nom, et on s’est lancé sur la fête de la musique de 2011.

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Que penses-tu de la scène électronique lyonnaise ?

Je pense que la scène électronique lyonnaise a beaucoup évolué depuis ces 5 dernières années, et nous sommes au début de son âge d’or. Depuis cette année le ton est monté, maintenant on parle de nouveaux labels (comme That Place, Cosmic Ad, BFDM), d’artistes lyonnais qui signent sur de grosses structures (Ortella et son EP ’Made in Lyon‘ sur Rutilance), de weekend à 4-5 têtes d’affiches. Il faudrait tout de même faire attention à ne pas avoir trop d’offres

Quels sont les artistes qui peuvent éventuellement t’influencer ?

Cette question est toujours compliquée pour moi, j’écoute beaucoup et je ne fais pas attention au nom des artistes. C’est ma manière à moi de dématérialiser la musique et de ne pas être influencé par le statut de certains artistes. Dans mon bag de vinyle, je les reconnais par leur macaron, la plupart du temps je ne sais pas ce que je joue (rire), mais ça ne m’empêche pas de m’intéresser très fortement à ce qu’il s’est passé et à ce qu’il se passe dans la musique électronique. Je suis donc inspiré par tous ce que j’ai pu écouter depuis ma naissance, la musique brésilienne à la base, la musique arabe par la suite, et la musique électronique depuis l’âge de 13 ans. Seu Jorge, Boards of Canada, Shed, Mr G, Fairuz, Two Armadillos et pleins d’autres. J’évite de trop être conditionné par les artistes émergents et par ce qui se « fait » dans l’actualité.

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T’écoutes quoi en ce moment ?

Beaucoup de Trip hop ! J’adore ça !

Cite-moi ton top 3 Dj’s ?

Oulala, la question à laquelle je ne pourrais jamais répondre. Je ne me fais pas de top 3, j’en aime trop et je ne suis pas de l’avis de classer des artistes aux univers différents. Mais dans le désordre je dirais : Ricardo Villalobos, mon pote Grego G qui pour moi est un des meilleurs DJ Français, et l’éternel DJ Mehdi.

Et pour finir, as-tu des projets avec la ville de Lyon ?

Oui et non.. Vous verrez bien par la suite ! (rire)

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