Noah-Caine

L’arrondissement de Queens abrite un des meilleurs emcee underground indépendant. Rencontre avec Noah Caine

Quel est votre lieu de naissance ?

Ma famille est venue aux États-Unis dans les années 80 et je fus le premier à naître en Amérique. Je suis né et j’ai été élevé dans la ville de New York. Le quartier de Southside Jamaica du Queens m’a élevé. BTB (« Bout That Bread »), la 134e rue et le boulevard Guy Brewer, ça roule ?!

Quand avez-vous commencé la musique ?

J’ai toujours été attiré par le genre de musique que mes plus vieux oncles jouaient. Il régnait une forte influence Reggae et Hip-Hop à la ma maison grâce à eux. J’ai commencé à enregistrer sérieusement dans un studio au lycée lorsque mon pote m’a dit que j’avais une chance de toucher les gens parce qu’il a vu le pur talent. Presque tout le monde connaît la suite.

Quelles ont été vos influences ?

Je dirais que « The Notorious B.I.G » est ma plus grande influence. J’ignorais que ce que je voyais tout en grandissant à New York était assez spécial pour l’inclure dans un contexte musical que les gens apprécieraient ou bien auquel ils s’identifieraient. Un jour j’ai réalisé que les choses dont il parlait étaient en fait des choses dont j’avais été directement témoin. Après quoi j’ai simplement commencé à faire part des expériences que j’ai vécues en grandissant dans cette ville et en essayant de comprendre la vie. Tout est une question de point de vue et de conscience humaine.

Pourriez-vous décrire votre style ?

Je puise sans aucun doute dans mon monologue intérieur. J’essaie d’écrire directement à partir de mon cœur et d’utiliser ce qui se passe autour de moi comme inspiration mélangée avec ce qui m’est arrivé ; tout cela en le racontant d’une façon simple pour faciliter l’identification. Je ne veux jamais paraître insipide. J’aime qu’il y ait un peu une histoire racontée tout comme une imagerie vive.

Votre album ‘Rookie Season’ vient de sortir. Quelle est l’essence du projet ?

L’essence du projet est la motivation et l’instinct. On est supposé l’écouter comme si c’était la fraction de seconde qui s’écoule lors d’une décision cruciale qui changera ta vie pour toujours. Imagine ce qui se passe dans la tête d’un athlète quand il est sur le point de spontanément passer la ligne d’arrivée, ou de quelqu’un dans une situation tendue qui doit agir intelligemment et rapidement ou affronter l’échec. Nous sommes tous confrontés à ce genre de moments contre lesquels on ne peut pas se préparer.

Le track “Nightmare on Southside” est un échantillon du “Je ne connais que toi” de Charles Aznavour. Vous connaissez Aznavour ? C’est l’un des plus grands chanteurs français !

Je ne connaissais pas vraiment l’oeuvre de Charles Aznavour jusqu’à ce que mon producteur Half Amazin’ me fasse écouter cet air. J’ai par la suite écouté quelques-unes de ses chansons et c’est vraiment de la bombe. J’ai un respect pour tous les styles de musique et j’essaie constamment de trouver des artistes et des sons nouveaux et inconnus à faire découvrir à mon public. C’est de l’art.

Quel est votre processus de création et où trouvez-vous vos idées pour de nouvelles chansons ?

Je dois être dans le bon esprit. J’essaie toujours de faire le vide dans ma tête avant de m’asseoir et de travailler sur une chanson. En général, ma tête est tellement remplie de pensées qu’il m’est difficile de me calmer. Quand le temps est propice et que l’inspiration est présente, les pensées coulent sans effort. Comme beaucoup d’artistes, que ce soit en fumant, en buvant ou en méditant, vous devez simplement vous changer les idées et écouter les sujets que votre esprit vous dicte. Gardez l’énergie positive et vraie à sa source.

Vous venez du même quartier que Russell Simmons, 50 cent et Lloyd Banks. Êtes-vous inspirés par ces succès professionnels ?

Ouais, Queens, la base. C’est un bel endroit, un des quartiers les plus culturels à New York, et si vous prenez un avion vers la ville ou a coté, il faut que vous passiez par le Queens. Pour ce qui est des gens que vous avez listés, toutes leurs histoires marquées par le succès m’inspirent évidemment. Ils ont tous crée quelque chose à partir de rien et ils sont encore d’actualité aujourd’hui. Je crois qu’il y a beaucoup de jeunes hommes comme moi qui sont prêts à produire de plus grands effets sur le milieu que ceux qu’ils ont faits. Nous essayons de suivre leurs traces avec nos propres styles bien sûr.

Avez-vous des projets pour le futur ?

Oh ouais, bien sûr. Nous avons une tonne de choses planifiées pour le futur et pour très bientôt aussi. Nous avons hâte donc restez branchés.

Qu’est ce que vous écoutez sur votre iPod ?

J’écoute en ce moment AFTA-1, James Blake, Lapalux & MF Doom. Il faut que je me remette à jour en écoutant les nouveautés que j’ai manquées car je travaillais si fort sur Rookie Season (rire).

D’après ce qu’on dit vous parlez un peu français ? 

En fait, j’ai étudié le français pendant quelques années. Je n’ai encore jamais été en France. J’aimerais y aller et chanter pour vous si ça vous plairait de voir un concert de Noah Caine. Ça serait dingue ! Le français est une belle langue et peut-être qu’un jour je ferai de la musique avec des français. Tout est possible. Point final.

Merci de m’avoir permis de m’asseoir avec vous et partager quelques détails ! J’apprécie et respecte vraiment ça. Je vous souhaite beaucoup d’amour et maintenez-vous au top. Va te procurer Rookie Season‚ si tu ne l’as pas déjà ! Paix, mon ami.

NoahCaine

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