Kesadi-interview

Si vous vous êtes rendus aux événements de la Ligue de la Sneaker, son nom vous est forcément familier. Kesadi, jeune Lyonnais en école d’architecture d’intérieur a bien voulu nous accorder une interview afin de nous emmener dans son univers encore mal vu par la société, celui du graffiti.

 

Salut Kesadi, ça va ? Pour ceux qui ne te connaissent pas encore, est-ce que tu pourrais te présenter ?

J’ai 21 ans. Je suis Lyonnais. Je suis actuellement en 3ème année d’architecture d’intérieur et à côté je pratique ma passion, le graffiti depuis 5 ans. Je fais cela sur différents supports (mur, toiles, vinyle, basket…). Il n’y a pas de limites !

Pour ma part je t’ai découvert à l’événement La Ligue Shop Ses Sneakers (édition #00 à la Maison Mère), tu graphais sur des paires. Comment t’es venue l’idée de décliner ton art sur la sneaker ?

Mes potes et moi avions acheté une paire de sneakers pour l’anniversaire d’un de mes meilleurs amis mais nous trouvions ça un peu banal, commun, alors on s’est demandé comment on pourrait faire pour rendre ce cadeau un peu plus original. L’idée de les customiser nous est alors venue. Je m’en suis chargé et j’ai ensuite posté une photo des fameuses baskets sur les réseaux sociaux et le concept a beaucoup plu.

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Dans une interview pour Le Progrès fin août, on apprend que tu es étudiant en architecture d’intérieur. Le graphisme est une passion qui t’a été transmise par ton père, graphiste. Tu baignes donc dans cet univers depuis ton enfance. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ce hobbie ?

Depuis mon enfance j’ai été attiré par les peintures et les calligraphies que produisait mon père. Ensuite à l’âge de 15 ans, j’ai réalisé mon premier tags avec mon pote 1CONUE à l’abri des regards. Depuis ce jour-là, le graffiti occupe une place importante dans ma vie.

Je pense aussi que le graffiti a explosé en France et à l’international et que chaque ville offre un musée à ciel ouvert pour tous les adeptes de cet Art.

Le street art est une pratique marginalisée par la société dans laquelle on vit. C’est souvent associé au vandalisme, à la dégradation. Comment vois-tu les choses ?

C’est sûr que beaucoup de gens se sentent mal quand ils passent dans des rues entièrement recouvertes de graffitis, ou de voir leur porte d’immeuble vandalisée dans la nuit. C’est un art qui est né dans la rue et qui aura toujours une place importante dans cet univers. C’est avant tout un moyen de s’exprimer, qui est accessible au plus grand nombre. Beaucoup de personnes ne souhaitent pas forcément réaliser quelque chose d’artistique, de joli, mais simplement transmettre un message ou alors avoir leur « Blaze » marqué un peu partout dans la ville.

J’aime aussi l’adrénaline que l’on peut ressentir pendant une session, c’est très particulier.

Le graffiti est aussi un sujet de conversation très présent dans mon entourage. Ça permet de belles rencontres et de se rendre compte de l’immensité des styles. Mais nous sommes d’accord qu’il y des limites quant à cette pratique.

Pour ceux qui ne le savent pas, tu exposes parfois tes réalisations dans des galeries. Est-ce que justement, ce n’est pas un des moyens qui permettrait de mieux sensibiliser l’opinion publique au graph étant donné le cadre plus « institutionnel » de la chose ?

Non je ne pense pas, je m’intéresse beaucoup au monde du graffiti et tous les artistes qui sont en galerie ou qui ont pu l’être ont commencé dans la rue et certains sont encore très actifs.

Après, une toile réalisée par un artiste graffeur sera forcément mieux vu qu’un de ces graffiti écrit sur l’autoroute, mais ça peut aussi être un problème de génération je pense.

Lorsque l’on fait une toile, on peut y passer des heures pour avoir un bon rendu très minutieux. Le graffiti dans la rue lui, n’offre que quelques minutes. Du coup, forcément le public va préférer la toile de l’artiste car il y aura plus de détails. Alors que d’autres vont préférer le graffiti, brut, pour le risque, le culot, ou l’endroit choisi.


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Parlons hip-hop. Le street art est fortement encré dans la culture hip-hop, donc en soit tu participes à l’élévation. Quelles sont tes influences ?

En termes de graffiti : RASKO, SOFLES, MASKE, SORGA, DOES, BOOGIE et NASTY.

Pour le Street art : Jaké, Muhreles Barbadas, NOWART, SENNA et JACE.

Puisque tu consommes hip-hop, tu en écoutes ? Quels sont tes morceaux du moment ?

VALD – Urbanisme, IAM – Nos heures de gloire,  TSR Crew – Sans sommation Partie 3 et Anton Serra & Lucio Bukowski – Pinacle.

Enfin, pour ceux qui seraient intéressés par tes réalisations où est-ce qu’on peut te contacter ?

Sur Facebook grâce à ma page “Kesadi” ou encore sur mon profil Instagram @Kesadi.

La question sneakers : quelle est la paire graphée dont tu es le plus fier ?

Des Air Force 1 réalisées lors de la 2° édition !