Trinix ARTICLE

Mercredi dernier c’est le groupe Trinix que nous rencontrions. Trinix c’est un très jeune duo Lyonnais créé en 2012, composé de Josh Chergui et Lois Serre. Entre leurs sources d’inspiration, en passant par leurs ambitions et leur récente signature chez Sony Music, ils se sont livrés à cœur ouvert et sans faux-semblant.

Au fil de l’interview nous découvrons deux personnalités touchantes. Au fur et à mesure que les minutes s’écoulent, Trinix apparaît comme un genre de pur produit entre culture underground et nouveaux codes de l’entertainment. Dans le prolongement de certains artistes tels que Petit biscuit, Kungs ou encore Fakear, le duo vient apporter sa pierre à l’édifice de la musique électronique. Prêt à casser les codes et à imposer les leurs, il serait hasardeux de passer à côté.

 

  • Comment vous êtes-vous rencontré ?

Lois : On s’est rencontrés par le biais de mon frère qui était un pote à Josh. Vu qu’on aimait tous les deux la musique, mon frère nous a présentés et on est devenue ami.

 

  • Qu’est-ce qui vous a poussé à faire de la musique ? Quel a été le déclic ?

Josh : On en faisait déjà chacun de notre côté et …

Lois : et parce qu’on était nul en sport aussi (rires)

Josh : Oui du coup on n’avait pas trop le choix (rires)

 

  • Comment décririez-vous votre style en 5 mots ?

Josh : Dansant, électronique, urbain, amour et… le dernier il est compliqué.

Lois : et « Entraînant » je dirais.

 

  • C’est un synonyme de “dansant” (rires), mais ça passe. Et comment est venue le nom Trinix ?

Josh : Il n’y a pas vraiment d’histoire. On cherchait un nom simple à retenir et à mémoriser. On ne voulait pas quelque chose, un mot ou un nom, qui existe déjà. On souhaitait que les gens se souviennent directement. Qu’ils nous assimilent sans faire d’effort.

 

 

  • Vous avez signé chez Sony Music récemment. Est-ce que cela a changé quelque chose dans votre manière de travailler ?

Josh : Non, pas vraiment dans notre manière de travailler. En fait dans notre quotidien ça n’a pas vraiment changé quelque chose. Cela nous a surtout apporté de la visibilité, et l’ouverture à un plus large public.

 

  • Quel est votre « processus de création » ? Vous produisez n’importe quand, le jour, la nuit ?

Lois : On travaille souvent la nuit. Dès que l’on a de l’inspiration on s’y met. L’idée d’un morceau en soi vient plutôt rapidement. Certaines musiques mettront 3 mois à se faire, d’autres 2 heures. Ça dépend de comment on ressent le truc sur le moment présent.

 

  • Qu’est-ce qu’une musique réussi ?

Josh : Je pense qu’on l’entend. Il y a des musiques quand on les élabore on sait qu’elles vont mieux marcher que d’autres. Il y a des sonorités, des codes qui parlent au public. On sait que des éléments un peu plus «commerciaux» feront toujours leurs effets.

 

 

Le fait d’être deux permet de confronter deux visions, deux regards et deux avis.

 

  • J’ai écouté vos musiques à vos débuts, et j‘ai remarqué qu’ il y avait davantage de sonorité hip-hop. Or maintenant je trouve que c’est beaucoup plus électro, avec des éléments plus pointus. Comment expliquez-vous ce changement ?

Lois : Tout à fait. On a voulu explorer des domaines plus variés. On ne voulait pas se contenter d’une seule chose.

Josh : Je crois qu’on sait tout faire (rires). Sans se vanter on touche un peu à tout. On aime tout, on écoute tout. À nos débuts on était face à un problème, vu que nous sommes influencés par des tas de styles musicaux, du rap, de l’électro, même de la musique classique parfois, on trouvait donc dommage d’avoir une si riche culture et de ne pas l’exploiter.

Lois : On prépare un album, dedans justement on va retrouver un peu de ce qu’on faisait au début avec des sonorités hip-hop, des sons funk, de l’électro. Il y aura aussi des collaborations avec des rappeurs.

 

  • Vous pouvez nous en dire plus sur cet album ?

Lois : Pour l’instant on est en phase de création. Il n’y a pas vraiment de chose concrète. On produit sans arrêt et on sélectionnera à la fin.

 

  • Souvent les gens commencent à la production et finissent derrière un micro. C’est envisageable pour vous ?

Lois : Alors moi pas du tout, mais lui c’est son rêve (rires). Je tiens à souligner qu’il veut rapper sur toutes les musiques.

Josh : Non mais c’est pour rigoler. Je ne rapperai jamais.

 

  • Il ne faut jamais dire jamais.

Lois : Si pour le bien de tous, pour lui c’est jamais !

 

  • Pourquoi ? il rappe mal ?

Lois : Non ce n’est pas le flow…c’est l’accent anglais !

 

  • Est-ce que parfois le fait d’être deux peut causer des problèmes, dans la création par exemple ?

Josh : Non au contraire. Je dirais que c’est une force plus qu’un problème. Le fait d’être deux permet de confronter deux visions, deux regards et deux avis. D’une certaine manière ça nous régule.

Lois : Quand il y en a un qui fait n’importe quoi, l’autre peut lui dire. Alors que quand on est seul, on peut partir dans un délire, sortir un son et se rendre compte trop tard que c’est pourri.

 

 

  • C’est quoi vos sources d’inspirations ?

Josh : Moi c’est Will Smith (rires) !

Lois : Celle-là je ne m’y attendais pas

Josh : Après musicalement c’est vrai qu’il y en a beaucoup. Dans le hip-hop on apprécie Redman, Method Man, Russ aussi actuellement.

Lois : Après des artistes comme ça, c’est indirectement des influenceurs dans notre musique. C’est plus des modèles sur le parcours, sur le discours qu’ils portent.

 

  • Justement vous avez fait la première partir de Method Man et Redman au Transbordeur. Vous le vivez comment ?

Lois : Ça fait plaisir ! Franchement c’est trop cool. C’était un de nos premiers concerts en plus et être en première partie de tels artistes c’est ouf. On avait bien le trac avant, mais au final c’est un super souvenir.

Josh : C’était le plus beau jour de ma vie !

 

Notre public c’est notre petite famille

 

 

  • Vous êtes jeunes tous les deux, est-ce que parfois c’est un obstacle dans votre parcours ?

Josh : Je pense qu’aujourd’hui c’est une force. Maintenant plus tu es jeune, plus les gens vont accrocher.

Lois : Je pense que notre public se retrouve, s’identifie davantage. Les jeunes écoutent de la musique que d’autres jeunes font. J’imagine que ça leur plaît.

 

  • Aujourd’hui vous vous consacrez 100% à la musique ?

Josh : 100% à fond. Lois a passé son bac l’année dernière…

Lois : …Bac S !

Josh : Du coup maintenant on s’y consacre tous les deux à 100%. Même 200% je dirais ! On part du principe que si l’on veut réussir quelques chose et arriver jusqu’au bout, il faut s’y mettre à fond.

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  • Et ça vous fait quoi que vos sons soient régulièrement répertoriés sur des playlists influentes ?

Josh : Vraiment plaisir.

Lois : Ça nous ouvre à des personnes qui ne nous écoutent pas habituellement. Aujourd’hui c’est la force d’internet. Être sur des plateformes et des listes cela nous permet rapidement de nous faire connaitre.

 

  • Comment décrirez-vous votre relation avec le public ?

Lois : Ils sont cool !

Josh : Notre public c’est notre petite famille.

 

  • J’ai vu que vous aviez mis une photo avec la description «quand on lit les commentaires des Haters» où vous rigoliez…

Josh : Je savais que ça allait nous tomber dessus ! Non mais il y en a pas beaucoup.

Lois : Ça nous fait rire de lire des choses pareilles, mais au final on l’accepte. Surtout que cela vient souvent de personnes que l’on connaît dans le milieu de la musique. On le prend à la rigolade. Ça nous donne même une certaine force.

 

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  • Qu’est-ce que l’on vous reproche ?

Josh : Franchement c’est surtout le fait que l’on touche à tout. Cela dérange certaines personnes.

Lois : Ils n’aiment pas. Je crois qu’on marche sur leur plate-bande. Beaucoup d’artistes se spécialisent dans un domaine, et si on commence à aller un peu partout, ils le voient comme une menace.

Josh : Mais on continuera à faire ce que l’on aime, et à explorer tous les domaines que l’on souhaite.

 

  • Aujourd’hui qu’est-ce qui vous pousse à continuer la musique ?

Josh : L’amour de la musique !

Lois : Franchement c’est la meilleure des vies qui existent. C’est comme un fan de foot qui devient footballeur et arrive à vivre de sa passion.

 

  • Pour terminer cette interview, deux mots sur ce que vous prévoyez pour la suite ?

Josh : Dans les mois qui arrivent il y a une petite rafale de singles qui va sortir, et ensuite l’album qui est en préparation. Vous pourrez également nous retrouver le 11 juin au Hard Rock Café pour un concert gratuit.

 

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