dsc_0027

Sa signature revenait sans cesse. Me baladant dans les rues lyonnaises ou burgiennes, je tombais souvent sur ce blaze, ce “Y?not”, faisant partie intégrante des œuvres de ce graffeur de 25 ans, originaire de Bourg-en-Bresse. Voulant en savoir un peu plus sur son parcours, je lui donne rendez-vous un soir, au skatepark de la Tannerie, là où tout a commencé. 

De dos, j’aperçois le jeune artiste à l’oeuvre. Il peint pour la énième fois le mur de ce lieu, qu’auparavant, il caressait des roues de ses patins. Ses cheveux reliés en chignon, il paraît extrêmement concentré. Ses baskets sont parsemées de petites taches colorées, déposées par l’utilisation des aérosols. Cigarette dans une main, bombe de peinture dans l’autre, il concrétise le fruit de son imagination. Les présentations effectuées, il m’offre une bière et me fait partager son univers.

Comment as-tu commencé le graff ?

J’ai débuté par le tag en 2006 en solo. Puis j’ai commencé à faire des portraits au pochoir en 2012. C’est ce qui me parlait le plus. Bien marqués, les visages des personnes âgées m’intéressaient beaucoup. Grâce au visage, tu as la possibilité d’exprimer des sentiments, de retranscrire une émotion.

J’imagine que ton style à évolué depuis tes débuts ?

Carrément. Je ne suis pas sur les mêmes supports. J’ai débuté sur des portraits en petit format et maintenant je travaille aussi sur des grands murs. Ce n’est pas la même approche selon les supports. Les pochoirs sont plus utilisés pour des trucs détaillés, les murs sont plus abstraits. C’est différent quand tu regardes la peinture de près ou de loin. L’utilisation de différents supports et les multitudes expériences encouragent l’évolution de ton style.

Et ton style, tu l’impose où ?

Je peins n’importe où. Aussi bien sur des spots où le passage est fréquent que dans des coins reculés où je suis seul. Ce qui est agréable quand tu peins dans un spot fréquenté, c’est le retour direct des gens. J’avais fait le portrait de Coluche lors d’un événement organisé par Superposition. Pendant mon live painting, une dame âgée me disait “met pas du bleu là” ! Elle me donnait des conseils, c’était drôle. J’ai aussi travaillé pour des salles de sport, repeins un food truck, j’ai fait des toiles pour des restaurants et j’ai animé un atelier d’initiation au graff à des primaires et collégiens, c’était vraiment cool.


dsc_0013

Qu’est-ce qui t’a donné envie de manier la bombe de peinture ?

Avant, je faisais du patin. Les skatepark où je glissais étaient marqués par des graffs en tous genres. Il y en avait aussi dans la rue, le long des voies ferrées.. Ça me faisait kiffer quand j’étais gamin. Ce délire avec la rue, ces styles, ces couleurs, ce n’était pas commun.  Depuis, je peins. Limite tous les jours. Le graff, ça bouge sans arrêt. Les artistes se font des “battle”. Chacun pose sa marque et elle est remplacée par celle d’un autre. Quand je te disais que je peins n’importe où, attention, je respecte les tags, je ne recouvre pas n’importe quoi. Après, c’est le jeu aussi. Le tag, c’est éphémère.

Où puises-tu toute ton inspiration ?

Je m’inspire beaucoup du pop art et du cartoon. Je reprends les bases de lettrages repérés dans de vieux comics américains style comics d’horreur que j’essaye de mélanger à ces univers pop culture. Le style pop va à l’essentiel, le cartoon, c’est un esprit enfantin, joyeux. J’aime bien mixer les deux, ça contraste. Il y a aussi des artistes comme le crew MSK ou Sobekcis que j’apprécie. Ce qui est bien dans la peinture, c’est que tu fais ce qui te chante. Je fais souvent des phases en total freestyle selon mon humeur, mon émotion du moment. L’impro, c’est la découverte. Rien ne se ressemble, c’est ce qui me plaît.

Finalement, ce travail artistique, tu en vis ?

Non, malheureusement ! Pour le moment, je fais des petits boulots à droite à gauche, mais je garde toujours des créneaux pour peindre. Mais à long terme, mon projet est de vivre de mes peintures. Çe serait le rêve même !

15492466_1039149116212754_9064069607175064452_n

 

Y?NOT  vous convie :

À quoi ?

Son vernissagele Vendredi 13 Janvier à partir de 18h !

Où ça ?

Chez Superposition, au 11 rue Longue, 69001 Lyon !

Impatients ?

Y?not est présent chaque jour de 10h à 18h, même endroit, en live painting !

 

Merci à Y?not de m’avoir accordé de son temps pour cette interview.
Merci également pour ta persévérance dans mon initiation au graff malgré mon évident manque de talent (rire). 

Crédits photos : Caroline (Superposition)