Rim-K, membre fondateur du groupe 113 nous a accordé un moment entre rires, réflexion sur sa vie d’artiste solo, le tacos et le foot. Le Parisien d’origine s’est confié avec une grande humilité à l’occasion de son concert au Ninkasi.

Après le succès fulgurant du 113 et le fameux album « Les Princes de la ville » avais-tu une certaine appréhension lorsque tu as décidé de te lancer en solo sans tes fidèles acolytes Mokobé et A.P ?

Bien sûr quand tu sors d’un groupe c’est pas évident, moi j’avais toujours travaillé en équipe et j’ai du apprendre à travailler seul. C’est pour ça que j’ai mis beaucoup de temps à réaliser mon premier album, plus que tous les autres, un peu plus d’un an.

Tu es un artiste indépendant alors que tu aurais sûrement pu signer dans une maison de disque, avec tous les avantages que cela comporte. D’où vient ce choix ?

C’est le choix de la raison on va dire..au moins en indépendant on sait ce que l’on gagne (rires), j’ai déjà travaillé avec les maisons de disques, je sais comment elles fonctionnent. C’était pas intéressant dans le sens où ce sont des machines, nous on est des artisans…. des petits commerçants t’as compris ?

Niveau business tu as appris sur le tas ?

Oui comme tu dis, j’ai appris sur le tas, j’ai fait des erreurs, j’ai mal géré plein de choses. C’est en se trompant qu’on apprend aussi ! C’était par exemple des mauvais choix artistiques, commerciaux, et j’ai appris petit à petit. De toutes les façons personne ne connaît mieux ma musique que moi, donc pour la vendre il fallait que j’apprenne de mes erreurs tout simplement.

Dans ton dernier album Mutant sur le son “Fratelo”, tu expliques que tu n’as plus d’amis de confiance autour de toi et que cela a engendré une grande déception envers ton entourage d’antan, que s’est-il passé ?

Parce que la vie réserve à chacun ses déceptions, au fur et à mesure le cercle se réduit, c’est normal. Que ce soit le cercle d’amis ou bien même le cercle familial. Ensuite tu formes ta propre famille, ce sont simplement les choses de la vie. Il n’y a aucune plainte de ma part ou un truc en particulier. J’ai fait de la musique en groupe, j’ai fait de la musique en équipe, tant que j’y trouve du plaisir c’est bon, c’est le plus important.

Pour le meilleur ?

Exact, d’ailleurs c’est toujours pour le meilleur, il ne faut jamais forcer dans la vie. J’ai peu d’amis de confiance, ceux qui sont à mes côtés me satisfont.

Est-ce que tu penses que cela est dû au succès justement ?

Bien évidemment, forcément avec son arrivée tu dois te protéger. La médiatisation c’est à double tranchant. Avec l’arrivée d’internet, les buzz, triple buzz supplément fromage (rires) et quand tu vois tout ça, tu te dis qu’il vaut mieux rester tranquille avec les siens.

Tu parles de supplément fromage, est-ce que tu sais que tu es dans la ville du tacos ?

Oui je sais ! mais moi je préfère les miches. Il y en a pas tant que ça à Paris, je sais que vous ici c’est votre truc ! Gratiné pas gratiné ou supplément fromage (rires)

Tu as pas mal de collaboration avec des rappeurs issus de la nouvelle génération sur ton dernier album, Vald, Ninho, YL, est-ce que tu t’es senti obligé justement de travailler avec eux pour te faire valider ?

Non pas du tout, en tout premier lieu c’est que j’aime ce qu’ils font et puis Alonzo que tu as oublié de citer, il a trois ou quatre ans de moins que moi.

Ninki : Moi je le considère pas comme un rappeur de la nouvelle génération, c’est rien trois, quatre ans.

Rim-K : Oui mais t’as compris ce que je veux dire, c’était juste pour préciser qu’il n’y avait pas que des petits !

Tout s’est fait naturellement ?

Exactement, c’est vraiment une démarche artistique dans le sens où je me suis dit « faut que je fasse un titre avec untel et voir ce que ça donne »

Ninho en ce moment c’est vraiment l’un des rappeurs les plus écoutés, vous avez fait ensemble le titre “Air Max”comment s’est passé votre collaboration ?

Je connaissais ses cousins, ils m’avaient déjà filé à l’époque des maquettes d’ailleurs je leur avais dit qu’il avait un fort potentiel, et puis il a travaillé dans son coin, il a fait ses trucs. Ce n’était même pas un truc planifié, je savais qu’un jour ou l’autre on allait faire un titre. Je suis une personne assez polyvalente en plus concernant les collaborations, c’est comme le foot, je sais défendre, je sais attaquer, je sais centrer, je sais tirer les coups-francs. Quand je vois un bon joueur j’ai envie de jouer avec lui, c’est normal un mec qui a un truc à lui c’est toujours intéressant. Tu vois tous les mecs que je te cite ils ont une identité, ils nous amènent quelque chose. 

T’es pas du genre à n’écouter que ta musique ? 

Absolument pas, j’écoute tout, rap français, rap cainri, en ce moment j’écoute beaucoup Lil Uzi Vert. 

Donc tu regardes ce qui se passe aux States alors ? 

Toujours parce que c’est ce qui va se passer ici dans pas très longtemps, je regarde aussi en Afrique, au Maghreb, Hollande, Angleterre, tous les pays limitrophes. 

Minute foot by Karim

Est-ce que tu suis l’actualité footbalistique ?

Je regarde tout !

Parce que tu es dans la ville du club qui a été sept fois champions d’affilée 

Il y a longtemps, bien longtemps ! 

Et pour la CAN (Coupe d’Afrique des Nations) qu’est-ce que tu penses de l’équipe d’Algérie ?

Je pense qu’on peut faire un truc, ça fait quelques années qu’on a le groupe qu’il faut. C’est juste la cohésion qu’il faudrait ainsi qu’un vrai style de jeu, et une politique sportive, mais clairement il y a un truc à faire. 

Merci la famille !