“J’ai beau chercher la solution dans l’illusion d’la séduction
J’ai l’impression de n’avoir connu qu’une femme
J’connais les risques de l’amour mais j’ai toujours l’amour du risque
Risibles amours, risibles amours”Nekfeu – Risibles Amours

Sans tabou ni complexe, Take-Off fait les révélations des pulsions qui habitent quiconque croise le regard de la séduction. Réalisé par L’Anthracite Content, le visuel choc fait le culte du corps au travers d’une série d’images travaillées avec soin. De la voiture à la chambre, du maquillage au déshabillage, tout est imaginé dans le détail.

Lumières aveuglantes, charme et glam éblouissants, le flow du rappeur hypnotise tel Biggie. Associer des paroles qui récitent à hautes voix des pensées jusqu’alors inavouées à de telles images peut donner une dimension hyperbolique au clip. L’effet est voulu et illustre ainsi la séduction à son paroxysme avant la désillusion.

Take-Off  s’inscrit effectivement dans un récit plus vaste que l’épisode du taxi. Il s’agit d’un gars terrassé par ses sentiments, victimes d’un risible amour (Remains) et qui tente de se faire une raison (even if nothing will do) et de se refaire (Fuel).

C’est alors chargé à bloc, à base de boissons, de passions et quelques pulsions que le rappeur s’apprête (Countdown) à se relever de ses frustrations amoureuses passées.

Apprécié dans l’ensemble de son contexte, Take-Off est la suite logique de cette narration, et la culmination vers son paroxysme.

Le taxi, allégorie pour tous les fantasmes des deux protagonistes, expose les teintes d’un plaisir éphémère ; la conductrice finit toujours par dire au revoir au passager.

A y penser, comparer de tels émois à une course de voitures rappelle les œuvres aussi intarissables qu’indémodables de R. Kelly. Robert Kelly est le type d’auteur à comparer une femme à une voiture, tout en élégance cependant.

‘Cause we off up in this jeep
We foggin’ up the windows
We got the radio up
We all up in the back
We got the shit bouncin’
We goin’ up and down
And we smokin’ and we drinkin’
Just thuggin’ it out” – R. Kelly – Ignition (Original)

Moralité de l’histoire, comme NotaBene, la course charnelle vous ramènera à la case départ et vous laissera penser :

“I spent my time chasing chicks to get a fix

Even my dick thinks that they ain’t shit”. – Remains.

Quand prend fin cette course à l’excès effrénée, les deux protagonistes s’en retournent pensifs, réalisent que les désirs de la chair seuls ne peuvent servir de résolution ni apporter pleine satisfaction.

 

“Can it heal my broken heart? My lonely soul […]” – Rise

C’est ainsi que toute la fougue et l’impétuosité contenue dans l’EP redescend. L’importance du sexe et l’ego diminuent. Une nouvelle conscience s’élève ; sur des notes sucrées et une apaisante mélodie , Rise, chef-d’oeuvre de l’EP éponyme, annonce un dénouement des plus poétiques, et suggère une suite (Fall EP).

Le prochain projet réservera-t-il une vibe plus neo-soul/hip-hop, avec un beat au fond du temps (et de plus amples mouvements de nuque) ?… A suivre.

 

 

En attendant retrouvez leur actualité pour les prochains concerts, dont les festivals Jazz à Vienne et Woodstower.