Beatmaker de 25 ans, Tarik Azzouz a catapulté une de ses productions sur l’un des projets les plus attendus de l’année 2015 : The Documentary 2 du rappeur The Game. L’Aulnaysien d’origine n’en est pas à son coup d’essai car il a précédemment collaboré avec Lil Wayne sur son Free Weezy Album. Plutôt méconnu sur ses terres, il lève un peu le voile en nous parlant influences, rencontres, et avenir.

 

À quel moment as-tu commencé à faire du son ? Y a-t-il eu un élément déclencheur ? 

J’ai toujours aimé le hip-hop mais également la musique classique, je faisais du piano depuis l’âge de 12 ans par exemple. J’ai commencé à produire assez tardivement -vers 20 ans- en faisant la connaissance de Pils à la fac. Il faisait des prod’s et moi du piano donc le courant est immédiatement passé. Quelques jours après cette rencontre j’ai acheté le matos nécessaire à la production (un Mac, un clavier Mid), Pilz m’a fourni les logiciels et tout commença. Au bout de deux ans de travail, j’ai décidé que cette passion allait devenir mon métier. Mon premier placement fut le titre “J’ai Bu” pour le rappeur Belge Gandhi, ensuite j’ai produit deux sons pour l’album commun entre Guizmo, Despo Rutti, et Mockless.

Quelles sont tes influences en terme de producteurs ?

Bink , No I.D, Kanye West, Dr. Dre, Lee Major (anciennement The Inkredible), Just Blaze, StreetRunner, DJ Premier, Justice League, T-Minus, Boi-1da.

Et ton album référence ? 

Kanye West – My Beautiful Dark Twisted Fantasy et plus précisément le track “Devil in a New Dress” produit par Bink.

Tu fais partie d’un groupe de producteurs appelés Track Knights. Comment as-tu rejoint l’équipe ? 

Par le biais de mon ami Pils rencontré à la fac. Le groupe existait déjà donc je l’ai rejoint assez naturellement en 2010. Ils m’ont appris beaucoup de choses au niveau production, entre nous c’est une véritable aventure humaine.

Maintenant c’est un peu plus difficile de se voir car Pils est à Londres, Nabz à Montréal en tant qu’ingénieur du son et JayB à Miami. On reste un groupe, à défaut de travailler ensemble le but est que chacun puisse faire profiter de ses connexions.

Tu as placé une co-production (avec StreetRunner) sur le “Free Weezy album” de Lil Wayne. Comment cela s’est passé ? 

Grâce à la plateforme Blazetrak, j’ai pu rencontrer le producteur StreetRunner qui est devenu mon mentor. Je lui envoyais des instrus (avril 2014), il a aimé puis on a commencé à bosser ensemble au rythme d’une prod’ par mois. C’était déjà extraordinaire pour moi car ce mec a quand même 2 Grammy’s ! Après avoir fini les cours en octobre 2014, je suis parti à Miami le rencontrer afin d’avoir une relation humaine plus aboutie. On a passé deux mois ensemble, c’est une personne très simple. Depuis nos rapports ont complètement changé, on se parle quasiment tous les jours. C’est comme un grand frère pour moi, j’ai une totale confiance en lui.

Un jour je lui envoie un beat en lui disant “Je le verrais bien pour Lil Wayne”. Derrière il a retravaillé dessus car on a deux manières de fonctionner: soit je lui envoie des beats et il les retravaille, ou bien il me balance des choses incomplètes et je rajoute ce qu’il faut. Par la suite il a transmis le son à Wayne car ils bossent souvent ensemble. Plus tard, il me prévient que le titre sera sûrement sur le Free Weezy Album, puis 2 jours avant la sortie officielle du projet on lui annonce que le track a été retiré du projet, sans lui préciser toutefois que c’était pour le rajouter en bonus track ! un sacré ascenseur émotionnel.

Et pour le track “New York, New York” sur le nouvel album de The Game ? 

Pour le titre “New York, New York”, ce fut exactement le même mécanisme. StreetRunner a retravaillé les drums, il est vraiment fort sur les batteries, et un peu de séquençage. Cela fait un an que je bosse sur ce projet ; lors de mon passage à Miami un son avait été proposé à The Game mais il n’a pas été retenu finalement. On a ensuite fait 4,5 morceaux au cours de l’année et c’est le dernier qui a retenu son attention. Ce track est à la base un beat en deux parties que j’avais envoyées à StreeRunner. The Game a conservé seulement la deuxième partie du morceau.

Tu peux nous en dire plus sur l’atmosphère du beat ? 

Je suis très fier de ce titre. Il est très soulful, épique, et puissant. Il n’est pas samplé même si en l’écoutant tu vas penser le contraire. J’ai essayé de rendre le truc vraiment musical, tout proportions gardées c’est du “The Blueprint” version 2015 (Jay Z).

Tu es crédité sur un album assez mythique. Est-ce que tu penses que cela va avoir des retombées sur ta carrière ? 

Oui je pense que ce soit sur le coup ou plus tard, ça ne peut qu’avoir des retombées positives. J’espère aussi que ça m’apportera de la visibilité en France, surtout si c’est un des “stand out” tracks de l’album.

Tu écoutes quoi en ce moment ? 

De la musique classique, Travis Scott – Rodeo, Drake – Nothing Was The Same, Kanye West – My beautiful Dark Twisted Fantasy, Jay Z – The Blueprint, Rick Ross – Teflon Don, et j’aime bien écouter mes prods également pour les jauger.

Ta collaboration idéale, ce serait avec qui ?

Nas avec Jay Z, Alicia Keys au refrain, et un couplet inédit de Notorious Big sur un solo de guitare électrique.

Quels sont tes prochains projets ?

L’album de DJ Khaled “I Changed A Lot” qui arrive, on a pas mal bossé dessus. Un album avec comme d’habitude beaucoup de featurings donc c’est super intéressant. Il y a d’autres choses également mais tant que ce n’est pas fait, je préfère ne rien dire !

Un dernier mot ? 

Une dédicace à StreetRunner, Track Knights, Doc Pel, Smehigul, TD, Tito, PT, Naly, et la ville d’Aulnay-sous-Bois.