Deuxième projet en un an pour le producteur Matt Martians, God’s Poop or Clouds ? est l’album parfait pour cette fin d’été.

Depuis leur séparation,  les anciens membres du collectif Odd Future ont été plus que productifs et certains ont depuis sorti des albums marquants  (Frank Ocean et Tyler, The Creator en tête de liste). Et des cendres de cet “étrange futur” est né The Internet. Ne se voulant au départ qu’un side project de plus réunissant la chanteuse Syd et le producteur Matt Martians, The Internet a en cours de route modifié sa formule pour proposer une neo-soul contemporaine  avec Ego Death en 2015 grâce à des musiciens talentueux dont le petit génie multi-instrumentaliste Steve Lacy (le producteur du « PRIDE. »  de Kendrick Lamar).

On pourrait dire que The Internet est le nouvel « incubateur » de talents de Californie car chaque membre du groupe a, ou devrait, sorti(r) un projet solo. Rien que pour cette année, on retiendra particulièrement Fin de Syd qui affirme l’émancipation artistique de la chanteuse à la voix soyeuse, le mini-EP de Steve Lacy Steve Lacy’s Demos, une merveille de soul lo-fi, . The Drum Chord Theory de Matt Martians qui expérimente des sonorités soul/R&B, et enfin Kintaro, claviériste du groupe et frère de Thundercat, qui en a profité pour publier deux EPs Universal et Commando Existential résolument plus hip-hop que les autres sorties du groupe.

À la grande surprise, et alors que la rentrée pointait le bout de son nez, Matt annonce sur Twitter la reformation de son enième side project The Jet Age of Tomorrow (ou The Super3) avec le rappeur/producteur de Stones Throw Pyramid Vritra pour un quatrième album quatre ans après Jellyfish Mentality. Ce projet se veut la réponse aux demandes insistantes des fans du groupe. Le nom, God’s Poop or Clouds ? qu’on peut traduire par « Caca de Dieu ou nuages ? ». On opte plus de notre côté pour les nuages pour décrire ce quatrième volume. Quatrième volume qui représente une évolution musicale par rapport au précédent. En effet on se rapprochait plus de la beat music, du hip-hop et du trip-hop notamment par ses invités (Mac Miller, Hodgy Beats, Casey Veggies,…).

GPOC est une suite logique au Drum Chord Theory avec plus d’expérimentations soul/funk/jazz/electro, l’album est d’ailleurs classé comme #FartFunk sur SoundCloud . En outre, l’apport instrumental de Steve Lacy sur quasiment tous les morceaux s’entend dans les nouvelles palettes musicales que le duo a expérimenté. C’est plus acoustique qu’auparavant donc on ressent plus de groove comme sur « Friday Night/The World’s Ending », « Ain’t a Party » ou « 1 AM ». Mais il y a toujours les fidèles claviers de Matt Martians avec ce son spatial, sa signature sonore, qu’on reconnait direct.

Les invités, s’ils sont peu nombreux, apportent leur touche et subliment avec leurs voix les productions de The Super3. Comme sur « Long Way Home » avec Syd, « Chance » avec India Shaw et MarkUsFree ou “Fly Like Me” avec Zack Villere. Pour le reste Matt Martians continue sur sa lancée en poussant la chansonnette avec un rendu très soulful. Le défaut de l’album serait peut-être l’apport de Pyramid Vritra qui délivre un son électronique plus froid qui fait que ces morceaux sont les moments faibles de l’album (« Locomotive », « Buzzin », « Escape City »).

Dans l’ensemble God’s Poop or Clouds ? s’écoute bien, c’est cohérent du début à la fin. Sur certains aspects il se rapproche de Flower Boy de Tyler, The Creator , sorti plus tôt cette année. Il n’a pas son orchestration fastueuse mais ça reste très agréable dans le rendu.  Il vous accompagnera en toutes circonstances comme bande sonore pour un dimanche après-midi pluvieux ou une belle journée ensoleillée. Profitez-en l’album est en écoute gratuite sur SoundCloud et ce serait dommage de ne pas y passer une oreille !