Il se peut que cette jeune Gexoise d’origine soit le nouveau visage du rap lyonnais et hexagonal. Chilla, c’est une artiste entière et franche qui assume sa double personnalité: son goût pour le chant avec lequel elle a débuté, et sa passion pour le rap qui ne l’a jamais quittée. Zoom sur une rappeuse qui assume sa féminité et qui n’est qu’à l’aube de sa carrière…

 

Tu es lyonnaise depuis peu, comment es-tu arrivé dans cette ville ?

J’habite dans le pays de Gex à la base (frontière de Genève), j’ai étudié au lycée 3 ans à Annecy et je suis arrivée sur Lyon en septembre 2013 pour faire mes études.

Tu as grandi en écoutant quel type de musique ? 

J’ai grandi en écoutant de tout, j’ai commencé le violon classique à l’âge de 6 ans, mon père m’a bercé dans le blues, le jazz, la soul, le reggae, et ma mère dans le pop rock, le ska, la variété française, et les musiques du monde. J’ai vraiment essayé d’écouter un maximum de genres musicaux mais je reste sous le charme du hip-hop us, le reggae, et la soul.

Tu as des groupes ou artistes favoris ?

Le groupe Flatbush Zombies, le rapper belge Caballero, Wu-Tang, la rappeuse Reverie, Mary J Blige, en pop electro Kadebostany et Amy Winehouse.

À quel moment as-tu franchi le pas concernant ta vocation d’artiste ?

J’ai toujours voulu faire de la musique dans ma vie, je rallié cette envie à mes études par le biais du violon, avec le chant qui a toujours été présent en parallèle. La musique est mon moteur principal dans ma vie, je ne peux pas m’en passer.

Tu fais quels genres d’études ?

J’étais en horaire aménagé au lycée avec le conservatoire d’Annecy, puis j’ai passé un bac littéraire option musique. L’année dernière, j’ai essayé une école privée de musique en chant mais ça n’a pas marché. J’espère pouvoir intégrer le Conservatoire de Lyon en chant jazz ou musique actuelle l’année prochaine.

Et tu as commence le rap à quel moment ? 

Il y a maintenant un an et demi en soirée avec des potes de ma région. Ils pratiquent le rap pour tripper, du genre bien crapuleux avec des flows bien atypiques. Un jour, ils m’ont convié à rapper avec eux et ce fut la révélation.

Ensuite tu ne t’es plus arrêté ? 

Non !! j’essaye d’être à bloc mais j’ai encore beaucoup de travail à faire sur l’écriture à proprement parler.

Tu as donc commencé par le chant ? tu as chanté avoir d’avoir rapper

Oui j’ai toujours chanté, j’aime commencé à faire de la guitare toute seule pour m’accompagner, j’ai fait une comédie musicale quand j’étais petite. J’ai aussi chanté dans des choeurs, ensemble jazz vocal, puis j’ai commencé à faire des covers, à réinterpréter des sons que j’aimais puis les poster sur facebook et youtube.

Nous allons revenir un peu plus tard sur cette dualité chant/rap. Avant, parlons de ton arrivée sur Lyon. 

Au niveau musical, comment s’est déroulé ton arrivée dans l’univers artistique lyonnais ? tu as notamment fait la connaissance du Snakes Crew

Lorsque je suis arrivé sur Lyon, j’ai retrouvé ma pote du lycée d’Annecy, LMK. On a passé notre grande majorité du temps ensemble et l’année dernière j’étais passionnée de voir l’évolution de son projet, donc j’ai commencé à aller à ses concerts. Grâce à elle et son producteur j’ai pu rencontrer quelques personnes du milieu lyonnais comme le Snakes Crew. Elle m’a fait poser sur un ou deux sons lors de ses lives, puis ils m’ont motivé à concrétiser mon délire de rappeuse. Ils m’ont encouragé à continuer et à en faire quelque chose de concret !! du coup on a fait deux trois vidéos freestyle fait maison, dont la vidéo dans la kitchen du Snakes Crew.

 

Tu connais un peu la scène lyonnaise hip-hop ?

Sans les connaitre, j’ai beaucoup kiffé sur quelque gars de l’animalerie : Kacem Wapalek, Anton Serra, c’est vraiment des artistes lyonnais que j’ai “ridés”.

Et les filles qui rappent à lyon ? 

Grâce à un piratage effectué avec LMK et Doan (producteur manager) nous avons fait quelques émissions à radio Canut dont une émission 100 % feminine où j’ai pu rencontrer des rappeuses lyonnaises comme Safyr Sfer.

Tu es suivi par un manager ?

Oui par Doan, manager et producteur de LMK également. Il m’a proposé de m’accompagner dans mon projet afin de m’aider à le concrétiser.

En parlant de projet, quel sont tes plans pour le futur ?

Actuellement je viens de terminer l’enregistrement de mon EP de 5 titres. Il est en train d’être mixé et masterisé. Dans l’idéal il devrait sortir à la fin du mois, ou début mars. Par la suite, j’aimerais pouvoir rider la scène car c’est vraiment ce que j’ai envie de faire, puis voir ou le vent me mène ! continuer avec un album, faire de la scène avec ma musique, la faire évoluer et la faire partager.

Le titre “Intergalactik” fait partie de ton prochain projet ?

Non, le titre Intergalactik était un son que j’ai enregistré chez un pote. C’est ma première vidéo freestyle seule filmé par une copine, elle a dévoilé mon univers et introduit l’esprit de mon prochain EP.

Justement, quel sera l’esprit de cet EP ? 

L’esprit général est chill (rire), non plus sérieusement c’est un EP très éclectique, j’ai vraiment travaillé dessus. Il y aura beaucoup de mélodie avec des textes plus travaillés que sur les vidéos freestyles. J’ai essentiellement des phases A faites par des beatmaker talentueux ! la seule phase B est une instru de Joey Badass.

Des beatmakers lyonnais ?

Deux prods faites par 3 beatmakers lyonnais, Shax, Koxone et Po2zef, et deux d’un expatrié du Michigan qui habite Lyon nommé Keveno.

“Chilla”, il est venue comment ce nom ?

Je cherchai un nom qui me correspondait,  je voulais qu’il représente mon univers et un jour avec des potes on s’est dit que j’étais peut-être un peu trop chill dans ma vie.

On va revenir sur ta fameuse participation à “Talent Street”. Comment es-tu arrivé à ce concours ? 

Les Snakes Crew m’ont appelé en me disant qu’une femme de France Ô voulait entrer contact avec moi. Ils lui ont donné mon compte facebook et elle m’a proposé de participer au concours (la production m’a repéré sur youtube avec mes vidéos). Puis je suis allé au casting de Marseille avec les Snakes Crew car je me suis dit pourquoi pas ? il y a quand même 15000 euros à la clef.

J’ai regardé le premier épisode diffusé le 3 février. Gros coupe de gueule ! Joey Starr qui te demande de choisir entre le chant et le rap, non Joey ! chanter et rapper en meme temps, c’est le hip-hop d’aujourd’hui. Je citerais par exemple Azaelia Banks sur le titre “Luxury 

 

Je pense donc que tu n’as pas à choisir. Qu’en penses-tu ?

Je suis d’accord avec toi mais grâce à sa critique j’ai intensifié le délire, et dans l’EP c’est tout à fait ça. Du rap, des instrus funk ou electro, des refrains chantés et des choeurs. J’aime pouvoir mélanger mon rap au chant et je ne compte pas choisir !! Chilla c’est les deux.

Le jury a souvent insisté sur l’opposition entre ton joli minois et l’intensité de ta prestation. C’est quelque chose que tu entends souvent ? 

Oui, c’est vrai qu’on me fait quasiment à chaque fois la réflexion, mais les gens qui me connaissent vraiment surtout mes potes n’ont pas forcément été très étonné, parce que j’ai toujours eu cette dualité dans ma personnalité.

Tu penses que ton physique est un avantage ou un désavantage ? n’as-tu pas peur d’être la petite midinette du hip-hop

Les deux. Un avantage dans le sens où je ne me souviens pas avoir vu une rappeuse féminine dans le milieu du rap français, donc cela peut jouer en ma faveur. Mais cela peut être aussi un désavantage car je peux ne pas paraître crédible, passé pour la minette qui veut squatter la street. Mais au final je n’y pense même pas, j’attends juste de pouvoir montrer aux gens ce que je vaux artistiquement tout en gardant mon identité.

chilla-lyon

Et ton style, ton flow, tu mets un peu de reggae dedans ?

Mon flow peut avoir une intonation reggae mais je ne le recherche pas forcément, je prends mes lyrics et mes flows comme ils viennent, je dirai que je fais du Chilla (rires)

Tu écris tous tes textes ?

Oui, avant je faisais des covers puis j’ai voulu faire mes sons, mes lyrics, mon univers.

Quel est ton processus de création ? tu écris n’importe quand, le jour, la nuit ?

J’écris quand je suis posé, j’aime écrire avec mes potes aussi mais les textes seront moins évolués. Il me faut une ambiance chill, je prends les lyrics comme elles viennent sur les prods qui m’inspire, parfois sans.

Chill c’est ton mot ! C’est une vraie philosophie pour toi ?

(rires) Je ne sais pas comment expliquer, pas vraiment, disons juste que je ne bois pas d’alcool, je ne suis pas trop big soirée, j’aime être posé en général avec mes potes ou toute seule. Je ne suis pas trop prise de tête, c’est mon trait de caractère principal.

Qu’est-ce que tu écoutes sur ton iPod en ce moment ?

Alpha Wann – F.F.F (feat. Caballero), Denham Smith – Rub A Dub Man, Mary J. Blige – Whole Damn Year, Flatbush Zombies – 222 (feat. Bridget Perez), The Notorious B.I.G feat. Bone Thugs N Harmony – Notorious Thugz.

Pour terminer, quelle est la collaboration dont tu rêves en secret ?

Flatbush Zombies, Dillion Cooper, Nemir, et Caballero.

Merci Chilla !